Entre 2012 et 2018, ce sont 711 postes qui ont été abolis chez Loto-Québec.

Le grand ménage de Loto-Québec

Depuis quatre ans, Loto-Québec a coupé 359 postes à travers ses filiales ainsi qu’à son siège social, ce qui a représenté une économie de 33,6 millions $, a appris Le Soleil. D’autres licenciements pourraient avoir lieu, mais rien de majeur, assure la direction de la société d’État qui estime avoir complété son ménage à l’interne.

«Au cours de 2014-2015, Loto-Québec a annoncé un plan d’optimisation touchant tous ses secteurs d’activités afin de revoir en profondeur ses façons de faire qui ont permis notamment de réduire ses effectifs», indique dans un courriel le directeur des affaires publiques, Patrice Lavoie. «Ce virage a porté fruit, car depuis 2014-2015, les revenus et les bénéfices ont augmenté annuellement», poursuit-il.

En effet, lorsqu’on compare les exercices financiers 2014-2015 et 2017-2018, les revenus ont progressé, passant de 3,34 milliards $ à 3,77 milliards $. Quant au bénéfice net, il a bondi de 1,116 milliard $ à 1,335 milliard $.

Il faut dire que Loto-Québec a longtemps été critiquée avant 2014  pour son manque d’efficacité. Il s’agissait notamment de l’un des constats d’une étude du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal parue en 2017.

Les auteurs déploraient, entre autres, le fait que la société d’État aurait pu produire de meilleurs résultats si le gouvernement l’avait contraint à respecter des cibles précises en matière de productivité.

À partir des chiffres transmis au Soleil au cours des derniers jours, si on regarde à plus long terme, ce sont 711 postes que Loto-Québec a aboli depuis septembre 2012. Au total, les troupes sont passées durant cette période de 6646 à 5935.

Rappelons qu’en 2014, dans le cadre de son processus d’optimisation, Loto-Québec avait demandé l’aide d’une firme spécialisée dans les mises à pied de masse afin d’augmenter sa performance. Ce n’était pas la première fois de son histoire que la société d’État se tournait vers des ressources à l’externe pour l’épauler dans sa démarche de restructuration.


« Ce virage a porté fruit, car depuis 2014-2015, les revenus et les bénéfices ont augmenté annuellement »
Patrice Lavoie, directeur des affaires publiques

Le porte-parole en poste assurait à ce moment au Soleil qu’aucune coupe n’était à prévoir dans un avenir rapproché. Il refusait toutefois de statuer pour les années futures.

Plus de 300 mises à pied plus tard, Loto-Québec prévoit poursuivre son régime minceur, notamment à travers la Société des casinos.

«Loto-Québec continue d’être vigilante et poursuit ses efforts de saine gestion et d’efficience en réduisant ainsi, lorsque possible, ses effectifs et en limitant la croissance de ses dépenses à 0,3 % annuellement», note M. Lavoie, précisant qu’aucune autre vague importante de coupes n’est dans les plans et qu’aucune cible n’a été fixée par la direction.

Il rappelle que la plus grosse partie de cette démarche de restructuration avait été réalisée entre 2014 et 2016.  Des entités avaient alors été fusionnées, comme la division bingo et celle des loteries vidéos. La filiale ingenio — recherche et développement — avait aussi été dissoute en 2015.

Heures supplémentaires

Si on regarde du côté des heures supplémentaires au cours des dernières années, la stratégie de Loto-Québec a eu très peu d’impact sur les montants payés. La société d’État a enregistré une légère augmentation entre 2014-2015 et 2017-2018.

De 5,5 millions $ en 2014-2015, Loto-Québec a déboursé 5,4 millions $ en 2015-2016, puis 5,9 millions $ en 2016-2017 et finalement 5,86 millions $ l’an dernier. À titre d’information, en 2013-2014, l’organisation avait payé 6,4 millions $ en heures supplémentaires.

Chaque employé remercié a reçu un service d’accompagnement afin de dénicher un nouvel emploi.

C’est les firmes Lee Hecht Harrison Knightsbridge et André Filion & Associés qui détiennent l’actuel contrat de «services de transition de carrière» de Loto-Québec. L’entente est prévue jusqu’en novembre 2019.