Au Géoparc de Percé, les touristes peuvent admirer le rocher Percé et l'île Bonaventure, à partir d'une plate-forme construite à flanc de montagne.

Le Géoparc dope le tourisme en Gaspésie

Le Géoparc de Percé, qui frappe à la porte de l'UNESCO, est depuis cet été l'attrait le plus fréquenté de la Gaspésie, avec plus de 100 000 visiteurs. L'ensemble de la région a connu une saison record, dopée par une météo à faire rêver les autres régions et par de nouveaux attraits.
Percé attendait depuis longtemps la nouveauté qui la remettrait au goût du jour.
Le Géoparc, ouvert en 2016, compte une exposition, une salle de jeux, une plate-forme en hauteur, une tyrolienne et des sentiers en montagne.
Le décompte de la saison 2017 n'est pas terminé. Mais la présidente Cathy Poirier a déjà annoncé que le cap des 100 000 visiteurs était franchi et que la coopérative formée de gens d'affaires locaux qui possède le Géoparc réaliserait un profit. À part les parcs nationaux, aucun attrait n'approche ce nombre en Gaspésie.
D'autres bonnes nouvelles pourraient venir. Le Géoparc attend une réponse en avril 2018 à savoir si l'UNESCO lui accordera son label. Il deviendrait le troisième membre canadien du Réseau mondial des géoparcs, reconnus pour leurs richesses géologiques.
Des évaluateurs de l'UNESCO ont séjourné en août à Percé. «Ils sont partis avec un beau sourire. Je suis optimiste», dit Mme Poirier.
Le Géoparc contribue, mais profite aussi, d'un enthousiasme inédit pour la région. En 53 ans d'excursions vers l'île Bonaventure, Julien Cloutier, des croisières du même nom, n'a jamais vu ça. «C'est la meilleure saison depuis que j'opère des bateaux. La bonne température a déclenché ça, mais le Géoparc a donné un terrible coup de main à Percé.» À la mi-septembre, son bilan était 15 % meilleur qu'en 2016, qui était déjà une excellente saison.
Ces résultats sont atteints malgré le bord de mer en chantier à Percé. Déjà 10 millions ont été investis pour déplacer des bâtiments et charrier de la roche et du gravier sur la berge afin de la protéger de l'érosion. 
«Ça n'a pas dérangé les touristes, ils comprennent», dit Ken Cahill, copropriétaire d'un motel et d'un restaurant. «Sans être ma meilleure saison à vie, ça a été constant [...]. On pense à réinvestir dans de nouvelles unités. On ne pensait pas à ça dans les dernières années.»
Région choyée
Le boum touristique touche toute la Gaspésie. À Chandler, le parcours sons et lumières Nova Lumina, signé Moment Factory, dépasse déjà les 31 000 visiteurs, soit plus que toute l'année 2016. «Chandler n'était pas un endroit où l'on s'arrêtait. C'est en train de changer», se réjouit la directrice générale Émilie Bourque.
Au musée Exploramer de Sainte-Anne-des-Monts, «notre meilleure année était l'an dernier, avec 24 000 personnes, et on est en train de la dépasser», indique Andréanne Tousignant, adjointe à la direction.
Dans les trois établissements du Groupe Riôtel, à Matane, Bonaventure et Percé, le taux d'occupation frôlait les 100 % en juillet et août. «Toutes les conditions étaient réunies. Il a fait beau alors qu'il pleuvait à Montréal. Le taux de change était favorable et on a eu de bonnes stratégies marketing», dit Nathalie Blouin, vice-présidente aux ventes et au marketing.
Les campings ont profité eux aussi du beau temps. «J'en suis à ma 21e année comme employée et je n'ai jamais vu autant de monde. On a été complet plus tôt, et beaucoup plus tard dans la saison. 2018 s'annonce super bien aussi. Les réservations, c'est non-stop tous les jours», rapporte Sophie Leblanc, préposée à l'accueil du camping de Carleton.