Le G7 peut commencer!

Des immeubles de bureaux abandonnés par leurs occupants sur la Colline parlementaire. Présence discrète d’agents de sécurité et de maîtres-chiens accompagnés de leur fidèle animal dans d’autres édifices en ville. Le G7 peut maintenant commencer.

Mardi, La Capitale annonçait la fermeture temporaire, vendredi, de son siège social situé à un jet de pierre de l’Hôtel du Parlement, sur l’avenue Jacques-Parizeau. L’assureur iA Groupe financier a aussi choisi de fermer au moins une propriété en haute ville.

La compagnie d’assurances La Capitale évoquait les «perturbations engendrées» par les activités du G7. «Nous demandons à notre clientèle de ne pas se présenter à nos bureaux de la Colline parlementaire.»

Vingt-quatre heures plus tard, un nouveau communiqué de presse. Le siège social fermera ses portes jeudi à midi. Et vendredi toute la journée comme prévu à l’origine.

«La Capitale est en communication avec les autorités afin de suivre l’état de la situation. Nous informerons notre clientèle dès que le service habituel aura repris son cours à notre siège social de Québec», souligne-t-on.

«Nous nous inspirons de la position prise par le Conseil du trésor qui a décidé de donner congé aux 10 000 fonctionnaires qui travaillent sur la Colline parlementaire», informe Jean-Pascal Lavoie, conseiller en communication et relations publiques à La Capitale.

La compagnie d’assurances possède aussi deux autres immeubles sur la Colline parlementaire qui logent principalement des fonctionnaires. Les deux bâtiments seront vides à compter de demain matin.

La situation risque de pénaliser un brin les clients de La Capitale. «Les délais de réponse et le niveau de service peuvent varier en raison de la réduction des effectifs découlant de cette situation exceptionnelle», prévient La Capitale. Environ 1500 de ses employés s’activent dans l’immeuble de l’avenue Jacques-Parizeau. «Nous avons mis sur pied des équipes de relève pour nous assurer que la clientèle ne subira pas trop de contrecoups», indique Jean-Pascal Lavoie.

Selon ce dernier, les bouleversements causés par la tenue du G7 auront inévitablement des coûts pour La Capitale et les autres entreprises qui doivent suspendre temporairement une partie de leurs activités.

Protéger les employés

Chez iA Groupe financier, on préfère ne pas dévoiler les mesures de sécurité en lien avec le G7. Le porte-parole, Pierre Picard, assure toutefois que des dispositions ont été prises afin de protéger les employés. «On va surveiller la situation. Nous sommes préparés».

Mercredi après-midi, l’entreprise n’avait pas l’intention de fermer les bureaux de son siège social. Ils sont situés à proximité des plaines d’Abraham.

Selon nos informations, l’immeuble voisin du Centre des congrès de Québec, Place Québec, une propriété d’iA Groupe financier, sera toutefois fermé jeudi et vendredi. Les employés de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec devront travailler à partir de la maison.

Par ailleurs, la conseillère en communication et relations publiques, Sarah Vertefeuille, précise que son organisme n’a pas reçu de plainte de ses membres au sujet des inconvénients causés par le G7.

D’autres promoteurs immobiliers de la région ont également pris des mesures pour sécuriser leurs locaux, entre autres Kevlar, GM Développement et le Fonds de placement immobilier Cominar.

«Nous avons agi de façon responsable afin d’assurer la sécurité de nos occupants en ajoutant de la sécurité dans nos immeubles situés à proximité des lieux de rencontres du G7», avance la vice-présidente aux communications chez Cominar, Caroline Lacroix. «Nous avons déployé nos expertises en ventilation, technique de bâtiments et en sécurité pour les jours à venir», poursuit-elle, en prévision de l’utilisation des gaz lacrymogène par les forces policières.


« Nous avons agi de façon responsable afin d’assurer la sécurité de nos occupants en ajoutant de la sécurité dans nos immeubles situés à proximité des lieux de rencontres du G7 »
Caroline Lacroix, vice-présidente aux communications chez Cominar

D’autres compagnies ont indiqué avoir mandaté un entrepreneur en construction en cas de bris afin d’effectuer les réparations si nécessaire le plus rapidement possible.

Impacts financiers

Du côté de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), on concède qu’un événement comme le G7 pourrait avoir des impacts importants sur les finances d’une entreprise.

Au cours des prochains jours, devant les manifestations annoncées, plusieurs compagnies ont choisi de fermer leurs portes et d’autres doivent embaucher des services de sécurités. Une dépense qui ne figure habituellement pas dans les budgets d’exploitation.

«Dans un grand événement du genre, il y a des retombées positives, mais aussi moins positives. Il est clair que pour certains commerçants, ce n’est pas une avenue très agréable de devoir fermer. Si on prend seulement le périmètre de sécurité, c’est certain que les gens touchés reçoivent plus le pot que les fleurs. Il n’y a pas juste des gagnants», note Simon Gaudreault, directeur des affaires économiques à la FCEI. Ce dernier est d’avis qu’Ottawa devrait dédommager les commerçants pour les pertes subies.

Il estime toutefois que les plus petites compagnies pourraient profiter de cette pause involontaire pour faire des activités à l’extérieur du bureau, par exemple de la formation. «Il faut voir dans un problème l’opportunité».

Selon la FCEI, ce sont les petites entreprises au coeur du périmètre de sécurité à Québec, en raison de la fragilité de leur santé financière, qui pourraient souffrir le plus du G7.