La tour de pré-chauffage, en avant-plan, et le four, derrière, sont activés depuis deux semaines, mis à part quelques jours d'interruption jusqu'à jeudi.

Le four de la cimenterie de Port-Daniel enfin allumé

Le four de la cimenterie de Port-Daniel est maintenant allumé. Cette étape cruciale dans la mise en production de l'usine de Ciment McInnis en Gaspésie s'est toutefois réalisée en deux étapes, puisque le premier allumage a dû être arrêté après quelques jours pour une réparation.
Il faudra encore quelques semaines avant que la production de ciment démarre à son tour, puisque le four sert à fabriquer le clinker, le passage obligé avant le produit final et un passage requérant bien des ajustements et des analyses, précise Maryse Tremblay, porte-parole de Ciment McInnis.
«Le four avait été allumé une première fois il y a deux semaines et il y a eu un court arrêt de quelques jours pour réparer quelque chose à l'intérieur. C'était un ajustement. On redécolle. Il a été rallumé hier [jeudi]. C'est une procédure qui s'apparente à un arrêt de production pour entretien», précisait Mme Tremblay vendredi.
Cet ajustement était nécessaire «parce qu'à partir du moment où on met les briques réfractaires, ça vient figer le mortier à l'intérieur», dit-elle. Un retour en arrière serait alors bien compliqué. 
Le clinker est obtenu en préchauffant le calcaire concassé à 800 °C. Le produit est alors sous forme de poudre. Il sera ensuite envoyé dans le four, où il sera porté à 1500 °C. C'est ce qui donne le clinker, qui nécessitera un broyage.
«Nous avons obtenu notre premier clinker. On a démarré les tests là-dessus. On fait les ajustements pour que tout soit conforme. Une fois le clinker fait, il y a un broyage et l'ajout d'additifs. Sans ces additifs, le clinker seul figerait immédiatement [avec l'ajout d'eau et de sable]. Les additifs retardent la prise», explique Maryse Tremblay.
En aval de l'étape clinker, les équipes de Ciment McInnis travaillent aussi à s'avancer dans le processus de production. «On est beaucoup plus près [de l'étape finale]», note-t-elle.
À quand le premier ciment?
Quand Ciment McInnis livrera-t-il son premier ciment? «C'est très difficile à dire. Il n'y a pas de date fixée. Est-ce qu'on aurait aimé être plus tôt? Bien entendu, mais nous apprenons énormément. Certains travailleurs sont embauchés depuis mai 2016. Ils ont suivi des formations à l'extérieur, dans des usines similaires, et sur des simulateurs, où ils vivent les conditions les plus complexes. Dès que notre production de clinker sera conforme à nos attentes, nous démarrerons», précise Mme Tremblay.
Le premier ciment ne sera pas envoyé sur les marchés immédiatement. «On ne charge pas 14 000 tonnes du premier ciment sur un navire. À partir du premier ciment, il y a une période obligatoire de tests de 28 jours [...] Le premier chargement aura lieu cet été», ajoute-t-elle.
Le NACC Québec, navire affrété par Ciment McInnis pour livrer le ciment aux terminaux de la firme à Sainte-Catherine, près de Montréal, et à Oshawa, en Ontario, est prêt. Il est à Gaspé, son nouveau port d'immatriculation, en attendant un premier chargement à Port-Daniel.
La construction de l'usine de Ciment McInnis a débuté en mai 2014. L'actionnaire de contrôle au départ, le conglomérat Beaudier, des familles Beaudoin et Bombardier, a cédé ce contrôle à la Caisse de dépôt et placement du Québec durant l'été 2016, à la suite d'un dépassement de coût de 444 millions $ ayant nécessité une réinjection de capitaux. Le coût total du projet s'établit à 1,5 milliard $.
À l'époque, la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, avait déclaré que des efforts seraient entrepris pour abaisser ce dépassement de coût. Aucune mise à jour n'a toutefois été publiée à ce sujet. Ciment McInnis et ses sous-traitants embauchent 153 emplois au complexe de Port-Daniel.