Le fondateur de Saputo, Lino Saputo, quittera pour la retraite cet été et laissera son poste de président du conseil d'administration à son fils Lino Jr.

Le fondateur de Saputo à la retraite

Le chef de la direction de Saputo (TSX:SAP), Lino Saputo Jr, suivra les traces de son père en jouant un plus grand rôle au sein de l'entreprise familiale en attendant l'arrivée de la prochaine génération.
Le transformateur laitier a tourné une importante page de son histoire en annonçant jeudi le départ à la retraite de son fondateur, Lino Saputo, qui, après plus de 62 ans au sein de la société, cédera sa chaise de président du conseil d'administration à son fils à compter du 1er août.
«Mon père va avoir 80 ans et cette année marquera le 20e anniversaire de notre entrée en Bourse, alors je pense que le moment est idéal» a expliqué M. Saputo Jr au cours d'une entrevue téléphonique en marge du dévoilement des résultats du troisième trimestre.
Autre départ
Celui qui a fondé Saputo avec ses parents en 1954 n'est pas le seul à quitter pour la retraite, puisqu'après une carrière de 30 ans, le chef de la direction financière, Louis-Philippe Carrière, prendra également sa retraite en août.
Ainsi, comme l'avait fait son père jusqu'en 2004, Lino Saputo Jr, âgé de 50 ans, cumulera à la fois les fonctions de chef de la direction et de président du conseil d'administration.
«Nous ne sommes pas à la recherche d'un nouveau chef de la direction dans un avenir prévisible parce que je vais conserver les deux fonctions, a précisé M. Saputo Jr. La prochaine génération est toujours à l'école, mais certains ont déjà un intérêt (à joindre) l'entreprise.»
Le départ à la retraite du fondateur de Saputo ne change à rien à l'actionnariat de l'entreprise. Jolina Capital, le bras d'investissement de la famille, conservera sa participation d'environ 34 % dans la société.
Quant à sa performance au troisième trimestre, Saputo a engrangé un bénéfice net de 197,4 millions $, ou 49 cents par action dilué, ce qui constitue une progression de 12,7 % par rapport à la même période l'année précédente.
Au cours de la période de trois mois terminée le 31 décembre, les recettes ont progressé de 2,2 %, à 2,97 milliards $, principalement en raison d'une augmentation des volumes de ventes ainsi qu'à une hausse des prix de vente au Canada et sur les marchés internationaux.
Cette performance trimestrielle a raté de peu les attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit par action de 51 cents sur un chiffre d'affaires de 2,98 milliards $.
Par ailleurs, après avoir lorgné le Brésil et analysé quelques acquisitions potentielles, Saputo a changé son fusil d'épaule et a renoncé à son ambition de mettre le pied dans le plus grand pays d'Amérique latine.
«On pensait avoir de bonnes chances, a dit M. Saputo Jr. Toutefois les attentes au chapitre des prix étaient trop élevées. Nous sommes disciplinés. On ne cherche pas des aubaines, mais nous ne voulons pas payer le double de la valeur réelle d'une entreprise. Il faut passer à autre choses.»
Il s'agit d'un changement de ton marqué par rapport aux commentaires faits par le dirigeant de l'entreprise en août dernier, lors de l'assemblée annuelle, lorsqu'il s'était montré plus optimiste à l'endroit du marché brésilien, où l'industrie laitière est très fragmentée.
Acquisitions en vue
Au cours des «trois ou quatre prochaines années», la multinationale continuera à croître en procédant à des acquisitions ailleurs dans le monde. Dans l'ordre, M. Saputo Jr a ciblé les États-Unis, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande ainsi que l'Europe.
Après s'être retirée de l'Allemagne et du Royaume-Uni en 2013, Saputo n'écarte pas la possibilité de retourner en Europe, à condition de pouvoir mettre la main sur un joueur bien établi et diversifié, ce qui, selon M. Saputo Jr, pourrait coûter au moins 500 millions $.
«Dans le passé, nous n'avions que deux petites entreprises qui ne produisaient qu'un type de produit, du mozzarella, a dit M. Saputo Jr. On n'avait pas beaucoup de flexibilité.»
Celui-ci a indiqué que des cibles européennes se trouvaient actuellement sur la liste d'entreprises convoitées par Saputo, rappelant que cela ne garantissait pas une transaction.
À la Bourse de Toronto, l'action de Saputo a clôturé à 46,49 $, en baisse de 83 cents, ou 1,75 %.