La fermeture de HMV a entraîné celle de Dep.ca, qui tirait environ un quart de ses revenus de la chaîne de magasins de disques.

Le distributeur de disques québécois Dep.ca ferme ses portes

Affecté sévèrement par la fermeture des magasins de disques HMV, le distributeur de disques québécois DEP.ca a été forcé de déclarer faillite lundi, le président Maurice Courtois ayant remis les clés au syndic.
«HMV a été l'élément déclencheur car ça représentait quand même de 25 % à 28 % de notre budget. Perdre un joueur comme celui-là, ça fait mal. C'est venu mettre le point final à une situation déclenchée par la perte de revenus causée par le volume en baisse», a expliqué M. Courtois au Soleil.
L'homme d'affaires avait lancé l'entreprise en 1996, avec des détaillants qui voulaient éviter que Québecor détienne un monopole après avoir absorbé Réseau Sélect. «Ce n'était pas sain pour l'industrie, ce n'était pas sain pour les artistes, mais j'ai l'impression qu'aujourd'hui, on se retrouve au même point», explique-t-il, indiquant que Québecor se retrouve en situation de quasi-monopole. Outside, qui n'est toutefois pas un joueur majeur de produits de masse, est en effet le seul autre distributeur québécois encore debout. «Nous avons suivi le reste de l'industrie, on sentait qu'il y avait un problème, mais on a réagi trop tard. C'est fini maintenant, c'est la faillite. J'ai remis les clés au syndic», indique M. Courtois avec de la tristesse dans la voix.
DEP.ca s'était hissé au fil des années en bonne position dans l'industrie musicale canadienne, remportant quatre fois le Félix du distributeur de l'année au gala de l'ADISQ et distribuant les disques double platine Silence de Fred Pellerin et En famille de Mes Aïeux ainsi que des disques platine d'Éric Lapointe et Coeur de Pirate et des disques d'or de Stromae et des Soeurs Boulay. «Aujourd'hui, c'est avec un pincement au coeur que j'ai quitté mon bureau en regardant tous ces disques d'or et tous ces disques platine... Ça donne le "motton"», a poursuivi M. Courtois.
L'entreprise avait conclu des ententes avec plusieurs maisons de disques québécoises, notamment Spectra Musique, La Tribu, Dare To CareGrosse Boîte, Instinct Musique, Coyote Records, Sphère, Les Disques Victoire, Vega Musique et Slam Disques en plus d'assurer la distribution exclusive au Canada des produits musicaux d'Universal Music France.
Believe survit
Lancée en 2012, la plateforme de distribution numérique Believe Digital Canada survivra à DEP.ca, mais avec de nouveaux actionnaires. «Cette plateforme qui réunissait le côté numérique et le streaming, continuera de fonctionner, mais les actions que DEP avait dans Believe tombent maintenant entre les mains du syndic», poursuit M. Courtois. 
Une quinzaine de travailleurs perdent du même coup leur emploi et leur ancien patron indique avoir l'intention de les aider à dénicher rapidement du boulot. «Ils commençaient à savoir la soupe chaude, mais c'est une équipe tellement loyale qu'ils sont restés jusqu'à la fin. Je vais essayer d'utiliser mes contacts pour les aider à se replacer. Je vais aussi essayer de voir ce que je pourrais faire pour aider les artistes et les maisons de disques», conclut-il.