Le danger des cartes-cadeaux

Les cartes et les forfaits cadeaux gagnent en popularité chez les consommateurs. Ils permettent entre autres d'économiser du temps lors des emplettes. Toutefois, ils représentent un certain danger, prévient l'Office de la protection du consommateur (OPC). «Il y a toujours un risque. Mieux vaut les utiliser rapidement lorsqu'on les reçoit!»
Au cours des derniers mois, la chaîne HMV, avec ses 103 magasins au Canada, et les restaurants Houston du boulevard Laurier, L'académie des Galeries de la Capitale ainsi que L'Aviatic Club dans la gare du Palais ont entre autres annoncé mettre la clé sous la porte. Qu'advient-il alors des fameuses cartes-cadeaux reçues durant le temps des Fêtes? Le détenteur est-il protégé?
Chez le géant du commerce au détail Costco, où l'on trouvait notamment la semaine dernière des cartes échangeables au restaurant L'académie, on confie rembourser les consommateurs lorsqu'un détaillant ou un restaurant fait faillite. «Ce n'est pas nécessaire d'avoir la facture. Il faut avoir la carte de membre avec laquelle le produit a été acheté», explique au Soleil un employé de la succursale de Sainte-Foy, préférant taire son nom.
Cette mesure n'est toutefois pas appliquée dans tous les commerces. Chez Bureau en Gros, Canadian Tire et IGA (Sobeys), des directeurs et gérants ont confié «qu'il n'y avait aucune politique d'échange ou de remboursement». «Une fois que le produit est acheté, il n'y a aucun retour», note Claude Bouchard, directeur général du Canadian Tire de Lebourgneuf. 
Le consommateur perd alors la valeur de sa carte. Tout comme si le produit a été acheté directement chez le détaillant en faillite. Dans ce cas, le détenteur de la carte devient un créancier ordinaire, à qui le commerce doit un certain montant d'argent. Il peut se manifester auprès du syndic responsable du dossier pour tenter de récupérer les sommes perdues.
«On risque toutefois d'obtenir très peu en bout de piste, car il y a généralement plusieurs créanciers prioritaires», explique Charles Tanguay, porte-parole de l'Office, notant que «chaque cas est un cas d'espèce».
Achats en ligne ou avec carte de crédit 
Lors d'une faillite ou fermeture, si le paiement pour le forfait a été réalisé par carte de crédit, l'OPC invite le consommateur à vérifier auprès de son émetteur. 
«Il faut voir s'il y a dans la convention d'utilisation des dispositions qui pourraient s'appliquer pour obtenir un remboursement», suggère M. Tanguay. «Si vous avez acheté sur le Web, il y a des dispositions particulières qui protègent les personnes. Si l'une des obligations du commerçant n'a pas été respectée selon la loi, il pourrait y avoir un recours en rétrofacturation», poursuit-il.
Dans le cas de L'académie, bien que l'établissement appartenait à trois franchisés, le restaurant faisait partie d'une chaîne. «Le forfait ou la carte-cadeau est alors valide dans les autres établissements, notamment à Montréal», assure l'un des copropriétaires du restaurant de Lebourg­neuf, Mamoun Aouad. La bannière est toutefois aujourd'hui disparue du paysage de la Capitale-Nationale.
Pour la chaîne HMV, bien que la fermeture ne soit prévue que pour la fin mars, les cartes seront acceptées jusqu'au 28 février, notamment à la succursale des Galeries de la Capitale.
Quant à L'Aviatic Club qui accueillera ses derniers clients le 18 mars, les cartes-cadeaux ou forfaits sont échangeables dans le restaurant Le Charbon Steakhouse, situé également dans la gare du Palais. «On ne perd pas l'argent, c'est valide dans notre autre restaurant», confie Richard Demers, copropriétaire des deux établissements.
La Forfaiterie
Pour un forfait ou un chèque-cadeau acheté à La Forfaiterie, l'entreprise possède une politique d'échange. «Si l'établissement pour lequel vous avez reçu un forfait a fermé ses portes, la valeur monétaire de votre forfait est protégée à vie», peut-on lire sur son site Internet. Il est possible de «l'échanger contre un autre forfait de votre choix de valeur égale ou supérieure». La compagnie offre aussi la possibilité de faire une note de crédit pour de futurs achats.