La rareté du crabe des neiges à l'échelle internationale gonfle son prix.

Le crabe et le homard un peu plus coûteux que l'an dernier

Deux semaines après le début de la pêche au crabe des neiges et une semaine avant l'amorce de la capture du homard, le printemps 2017 s'annonce avantageux pour les pêcheurs, et un peu plus coûteux pour les consommateurs.
Bill Sheehan, dirigeant du plus important transformateur de crabe des neiges au Québec, la firme E. Gagnon et Fils, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, signale que depuis le 30 mars, il verse un prix plancher de 4 $ la livre au pêcheur, mais il sait qu'à la fin de la saison, il aura été ajusté à la hausse.
«L'an passé, au départ, c'était 2,75 $ la livre et la moyenne après la saison a atteint 3,75 $ [...] Je ne serais pas surpris que le prix moyen cette année soit de 5 $», précise M. Sheehan.
En 1995, le prix du crabe des neiges avait atteint 4 $ la livre, une valeur supérieure à cette année en dollars constants. Si le prix revient à un seuil aussi élevé cette année, c'est directement à cause de l'effet de rareté sur les marchés internationaux, note Bill Sheehan.
«Il n'y a pas de crabe sur le marché. Les quotas ont chuté depuis deux ans en Alaska [de 68 %] et il y a une baisse de 22 % à Terre-Neuve. Pour la première fois, les prises dans le sud du golfe Saint-Laurent, à 43 800 tonnes métriques, seront plus élevées qu'à Terre-Neuve, avec 38 000 tonnes», dit-il.
Estuaire du Saint-Laurent
De surcroît, ces quatre zones du sud du golfe ne sont pas ouvertes encore, ce qui contribuera à la rareté, du moins jusqu'à la fin d'avril, moment où la pêche devrait y être amorcée. Pour le moment, c'est l'estuaire du Saint-Laurent qui fournit les consommateurs.
Ces amateurs de crabe paient environ 14,95 $ la livre pour un produit cuit. «C'est environ un à deux dollars de plus que l'an passé», dit Raynald Mercier, de la poissonnerie Raymer, de New Richmond en Gaspésie.
Le prix plus élevé freine-t-il les consommateurs? «C'est meilleur que l'an passé, même si les marges bénéficiaires sont limitées. Pour le consommateur, il y a un seuil à ne pas dépasser, correspondant à la capacité du client de se payer l'équivalent d'un repas au restaurant. Il faut être prudent», dit M. Mercier.
En ce qui a trait au homard, il devrait être sur les tablettes à compter du 23 avril en Gaspésie, et au cours des jours suivants dans les autres régions.
«Les ports de pêche sont libres de glace. Les bateaux sont à l'eau. On a déjà commencé à distribuer la boëtte [les appâts]», note Bill Sheehan. La firme E. Gagnon et Fils est également le plus grand acheteur de homard de Gaspésie.
Quant au prix, M. Sheehan le voit aussi élevé qu'en 2016, du moins en amorce de saison. «C'était 7,75 $ la livre au début, l'an passé. Les pêcheurs reçoivent 10 $ en Nouvelle-Écosse. Je ne serais pas surpris que ce soit 8 $ la semaine prochaine», conclut-il.