Le Cirque du Soleil achète le spectacle Blue Man Group

En mettant la main sur l'entreprise new-yorkaise derrière le spectacle musical Blue Man Group, le Cirque du Soleil devient un véritable joueur mondial du divertissement, estime son président et chef de la direction, Daniel Lamarre.
L'entreprise montréalaise a annoncé jeudi l'acquisition de Blue Man Productions, sa première depuis la vente d'une participation majoritaire à des intérêts étrangers en 2015. S'il n'a pas précisé le montant de la transaction, M. Lamarre a indiqué qu'il s'agissait de «plusieurs dizaines de millions de dollars».
«Blue Man est très différente du Cirque du Soleil et nous estimions qu'il s'agissait d'une marque mondiale inexploitée», a dit M. Lamarre en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne depuis New York.
Créé en 1991 par trois amis, le spectacle ludique mettant en vedette des hommes en bleu a été vu par plus de 35 millions de personnes dans plus de 20 pays et compte notamment six spectacles permanents à Las Vegas, Orlando, New York, Boston, Chicago et en Allemagne.
Avec sa présence à Berlin, Blue Man Productions permet au Cirque du Soleil de mettre le pied en Europe de façon permanente, a souligné M. Lamarre, qui n'a pas fermé la porte à d'autres acquisitions.
«Nous pensons qu'avec notre force de distribution à l'international, nous allons réussir à faire connaître davantage le Blue Man Group à travers le monde», a expliqué le grand patron du Cirque du Soleil.
L'entreprise montréalaise est détenue à près de 60 % par la société d'investissement américaine TPG Capital. La firme chinoise Fosun Capital Group possède une participation de 20 % et la Caisse de dépôt et placement du Québec, de 10 %.
Amener le spectacle en Chine
Le Cirque du Soleil souhaite profiter de son partenariat avec Fosun pour éventuellement amener le Blue Man Group dans l'Empire du Milieu.
«Si ce spectacle musical et visuel est bien connu en Amérique du Nord, ce n'est pas le cas à certains endroits comme en Amérique latine ainsi qu'en Chine», a dit M. Lamarre.
Les prochains mois seront chargés pour le Cirque, qui annoncera la semaine prochaine une tournée en Chine et qui compte implanter un spectacle permanent dans ce pays en novembre 2018.
On prévoit aussi lancer un nouveau spectacle sur glace à l'automne, a précisé M. Lamarre, en plus de participer en novembre à un projet de la Ligue nationale de football à Times Square, au coeur de New York.
«Nous devenons une entreprise de divertissement, a-t-il dit. Avec le Blue Man Group, on vient d'appuyer sur l'accélérateur de la croissance pour les prochaines années.»
Par exemple, a-t-il illustré, il n'est pas impossible de retrouver à moyen terme des spectacles du Cirque et du Blue Man Group dans la même ville.
Beaucoup de pourparlers
Les discussions entre les deux parties ont débuté il y a un peu plus d'un an, alors que Blue Man Productions - qui compte quelque 550 employés principalement répartis sur ses sites de spectacles permanents - avait l'oeil sur le marché chinois.
«Nous avons rencontré quelqu'un chez Fosun, qui nous a suggéré de discuter avec le Cirque du Soleil, a expliqué le cofondateur Chris Wink. Je crois que Fosun a dit la même chose au Cirque.»
À terme, l'entreprise souhaite percer de nouveaux marchés, mais désire également avoir les moyens de ses ambitions pour mettre à jour ses spectacles afin de relancer sa tournée en Amérique du Nord, a-t-il ajouté.
Sans avoir initialement identifié le Cirque du Soleil, l'entreprise new-yorkaise était à la recherche d'un partenaire, estimant que le statu quo limitait ses options.
«Nous commencions à souffrir de claustrophobie dans notre monde autonome», a dit M. Wink.
Ce dernier et M. Lamarre ont assuré qu'au chapitre de la création, le Blue Man Group allait poursuivre ses activités de façon autonome au sein du Cirque du Soleil. Jusqu'à une cinquantaine d'emplois administratifs pourraient être rapatriés de New York vers Montréal.