Le Carnaval, période profitable pour les hôteliers

Le Carnaval de Québec est «hautement profitable pour les hôteliers», tandis que le nombre de nuitées vendues et le prix moyen des chambres augmente depuis quelques années, estime la plateforme de réservations en ligne Expedia, selon des données transmises au Soleil.

Ces chiffres témoignent d’un engouement grandissant des voyageurs internationaux à visiter la capitale durant la saison froide. D’après Expedia, en 2017, ils représentaient 35 % de la part des visiteurs, contre 65 % qui proviennent d’ailleurs au pays. 

Ces touristes hivernaux arrivant en majorité des États-Unis, de France et de Corée du Sud, réservent de plus en plus des établissements hôteliers classés trois ou quatre étoiles. «Les visiteurs internationaux sont plus nombreux à réserver des hôtels quatre étoiles dans une proportion de 40 %. Ça veut dire qu’on recherche un peu plus de luxe quand on vient de loin», explique Floriska Mustière, responsable de marché pour la région de Québec chez Expedia. 

Le prix des nuitées augmente aussi de façon importante pendant la période du Carnaval, remarque Expedia. Selon leurs données, le prix moyen d’une chambre grimpe de 20 % par rapport à une nuitée du début du mois de janvier, et de 10 % par rapport à la fin février. 

Les taux d’occupation sont aussi très bons grâce au Carnaval, souligne la directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec (AHQ), Marjolaine De Sa. En moyenne, le nombre de chambres vendues augmente de 10 % à 15 % pendant les semaines des festivitées comparativement au mois de janvier. Le tournoi de hockey pee-wee fait aussi gonfler les chiffres, puisque les équipes réservent souvent pour plusieurs nuitées consécutives.

Peu d’hôteliers contactés par Le Soleil se surprennent de ces chiffres, qui se traduisent aussi dans leurs livres. À l’hôtel Le Germain Québec, situé sur la rue Saint-Pierre dans le Vieux-Port, la directrice générale Sarah Côté reconnaît que le Carnaval attire son lot de visiteurs. Même son de cloche à l’hôtel Le Concorde, où on ne note pas d’augmentation significative du nombre de réservations provenant de sites comme Expedia durant le grand rendez-vous de Bonhomme. 

Réservation directe

Le vrai défi pour les hôteliers est plutôt de chercher à ce que les clients réservent directement avec eux, plutôt qu’à partir d’un site de réservation en ligne, note Mme De Sa. Reconnaissants qu’une telle plateforme offre une visibilité accrue à leur établissement, surtout à l’international - Expedia, qui regroupe aussi les sites Hotels.com, Trivago et bien d’autres, est disponible dans plus de 75 pays et offert en 35 langues -, les hôteliers joints par Le Soleil avouent devoir tout de même composer avec ces plateformes pour faire connaître leur produit à un plus large réseau. 

C’est que faire affaire avec Booking.com ou Expedia coûte en moyenne aux propriétaires d’hôtel entre 15 et 20 % de la facture par nuitée. Et leurs contrats incluent tous une clause dite de parité. Ce qui signifie que l’hôtelier n’a pas le droit de vendre sa chambre moins chère que le prix qu’il a donné aux entreprises de réservations en ligne. 

Selon l’AHQ, ce sont les plus petits hôtels qui bénéficient davantage de ces plateformes, qui leur permettent d’attirer environ 40 % de leur clientèle. «Mais tout le monde aimerait descendre ça à 25 %», a précisé Mme De Sa.

Expedia rappelle tout de même sa volonté à travailler en collaboration avec les hôteliers. L’entreprise a d’ailleurs lancé une plateforme qui permet au personnel de l’hôtel de communiquer directement avec leurs futurs visiteurs.