Bien qu'elle soit encore loin de ses belles années, la Société du port ferroviaire de Baie-Comeau-Hauterive a vu la hausse d'expédition de bois d'oeuvre compenser pour la baisse de production d'Alcoa.

Le bois, le salut de SOPOR

Les beaux jours ne sont pas encore revenus pour la Société du port ferroviaire de Baie-Comeau-Hauterive (SOPOR), qui assure le transport de la production industrielle de la Côte-Nord par wagon. L'organisme croit toutefois qu'une reprise est à prévoir dans les prochaines années.
En 2013, SOPOR a manutentionné 491 000 tonnes de marchandises transportées à bord du traversier-rail Georges-Alexandre-Lebel, soit 40 000tonnes de plus que l'année précédente et sensiblement les mêmes résultats qu'en 2010 et en 2011. «Selon les prévisions, on devrait avoir les mêmes chiffres en 2014, avec peut-être une légère augmentation du côté du bois d'oeuvre», a souligné le directeur général, René Lepage.
Cette hausse d'expédition de bois d'oeuvre en provenance de la scierie de Résolu à Pointe-aux-Outardes et de celle d'Arbec à Port-Cartier, «qui nous rapprochera des bonnes années en matière d'expédition de bois», a précisé M. Lepage, devrait compenser la baisse de production de l'aluminerie Alcoa, principal client de SOPOR avec 40 % des expéditions.
On est cependant encore loin des belles années de SOPOR. À titre d'exemple, l'organisme à but non lucratif a expédié 860 000 tonnes de marchandises en 2005 par le traversier-rail, propriété du CN. À l'époque, l'usine de papier journal de Résolu expédiait encore sa production aux États-Unis, donc souvent par rail. Aujourd'hui, le papier se retrouve outre-mer.
Ce ralentissement a aussi fait en sorte que SOPOR n'utilise pas son centre de transbordement du parc industriel régional, inauguré en 2009 au coût de 14 millions $. «Pour l'instant, on a suffisamment d'espace au port pour le transbordement, avec de la place pour 250 wagons», a signalé le directeur général.
Prisonnier des glaces
En moyenne, SOPOR remplit cinq fois par semaine le Georges-Alexandre-Lebel, qui lui rapporte des wagons vides de Matane. On peut ajouter des traversées selon les besoins des clients. Le traversier-rail peut recevoir 25 wagons de 50 pieds de long, un peu moins quand il s'agit de wagons pour le bois d'oeuvre, longs de 60 pieds.
Incidemment, René Lepage assure que l'absence du Georges-Alexandre-Lebel durant six jours, lui qui était prisonnier des glaces de l'autre côté du fleuve, n'a pas causé trop de problèmes aux clients de SOPOR.
«Il y a bien eu un retard de quelques jours, mais je n'ai pas entendu dire que nos clients aient utilisé un autre moyen de transport pour expédier leur production», a-t-il conclu.