Les technologies développées par TSC Inspection Systems permettent de détecter les défauts dans les structures d'acier et les composants métalliques, notamment pour les plateformes de forage. Un secteur d'affaires où Eddyfi souhaite d'ailleurs augmenter sa présence.

L'aventure britannique d'Eddyfi se poursuit

L'entreprise Eddyfi Technologies poursuit ses emplettes. Profitant de l'incertitude entourant le Brexit, elle met le grappin sur TSC Inspection Systems et consolide du coup sa présence au Royaume-Uni.
L'aventure en sol britannique a débuté au printemps 2016 pour la compagnie située dans le Parc technologique du Québec métropolitain avec l'acquisition de Silverwing pour quelques dizaines de millions de dollars. 
Mercredi, par voie de communiqué, la direction d'Eddyfi, une compagnie qui conçoit et commercialise des équipements et des logiciels d'inspection, a confié que le pari du Royaume-Uni s'avère très salutaire jusqu'à présent. Et que les opportunités d'affaires sont très nombreuses depuis le vote en 2016 de la sortie du pays de l'Union européenne. 
En avalant TSC Inspection Systems, basé à Milton Keynes en Grande-Bretagne, Eddyfi agrandit sa famille de 36 nouveaux cerveaux, pour atteindre les 235 travailleurs à travers le monde, dont environ 130 dans la capitale. Le président et chef de la direction d'Eddyfi, Martin Thériault, n'a pas voulu révéler au Soleil le montant exact de la transaction, soulignant qu'elle était de plusieurs millions de dollars. Il a toutefois confié que les ventes annuelles de TSC frôlent les 10 millions $.
Les technologies développées par TSC viendront bonifier l'offre d'Eddyfi auprès de ses clients. L'une d'entre elles, soit l'ACFM, consiste entre autres à détecter les défauts dans les structures d'acier et les composants métalliques, notamment pour les plateformes de forage. Un secteur d'affaires où Eddyfi souhaite d'ailleurs augmenter sa présence. La technologie StressProbe de TSC permet quant à elle la détection des zones à risque dans les pipelines.
«Nous investirons des sommes importantes afin de faire évoluer les technologies et produits de TSC», indique M. Thériault. «Nous transformerons TSC afin de lui donner un rôle de fournisseur de technologies, en meilleure collaboration avec les différents joueurs de l'industrie», poursuit-il, ne cachant pas qu'il garde un oeil attentif pour faire d'autres acquisitions au Royaume-Uni. L'argent est d'ailleurs déjà disponible dans les coffres de la compagnie.
Livre sterling moins chère
«Il y a des opportunités intéressantes et nous avons bien l'intention d'en profiter. Notre première transaction au Royaume-Uni fonctionne très bien et c'est un très bon endroit», raconte le président. «Depuis le Brexit, la livre sterling est moins chère, ce qui nous rend plus compétitifs à l'achat. Il en coûte 15 à 20 % de moins pour acheter une compagnie qu'il y a un an. Les gens sont plus nerveux. Plusieurs dirigeants sont prêts à vendre leur entreprise», ajoute-t-il. Ce dernier précise toutefois regarder également pour d'autres pays afin de poursuivre la croissance d'Eddyfi.
Le grand patron a confié au Soleil que les bureaux de TSC à Aberdeen et à Singapour vont demeurer ouverts et qu'aucune suppression de poste n'est prévue. Eddyfi, qui vend ses produits dans plus de 70 pays, possède des installations entre autres aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, en France et aux Émirats Arabes Unis.
En mars dernier, la Caisse de dépôt et placement du Québec a investi 36,5 millions $ dans cette entreprise afin d'appuyer la réalisation de son plan de croissance international. Cet investissement de la Caisse, qui est actionnaire minoritaire de la compagnie, aura servi, entre autres, à financer cette nouvelle acquisition.
Fondée en 2009, Eddyfi qui avait un chiffre d'affaires de 1 million $ après sa première année d'activité devrait franchir le cap des 50 millions $ cette année, parole de son président. L'entreprise déménagera éventuellement ses locaux dans l'Espace d'innovation Michelet, un investissement de 13,5 millions $. D'ici quatre ans, M. Thériault espère compter plus de 200 employés dans la région de Québec.