Polycor devient la seule compagnie en Amérique du Nord à offrir de la pierre à savon destinée au marché de la construction, notamment pour la confection de comptoir de cuisine.

L'avenir de Polycor renforcé grâce à la pierre à savon

Polycor, une entreprise spécialisée dans l'extraction et la transformation de pierre naturelle, peut enfin affirmer que les moins bonnes années et la restructuration sont bel et bien derrière elle. L'acquisition d'une carrière et d'une usine de pierre à savon dans la région de la Virginie en est la preuve, selon Patrick Pérus, président et chef de la direction de la compagnie de Québec fondée en 1987.
«On aborde 2014 de manière assez optimiste», se réjouit M. Pérus, signalant qu'avec sa plus récente acquisition, Polycor peut maintenant offrir de la pierre à savon au marché de la construction. «Habituellement, la pierre à savon est utilisée pour la fabrication des petites statues inuites. Il y en a aussi qui l'utilisent en petits morceaux pour la construction de foyers, mais il existe des carrières qui permettent de faire de plus grands morceaux pour faire des comptoirs de cuisine ou des éléments architecturaux, tels des pavés ou des bancs.»
Et c'est exactement ce que Polycor a l'intention de faire, elle qui offre déjà une variété de produits destinés au marché de la construction, allant du granite au marbre en passant par le calcaire et même le verre recyclé. «Quand on voit une statue inuite, on a juste envie de la toucher, de la caresser. C'est pareil avec un comptoir en pierre à savon, c'est très agréable au toucher.»
Crise économique de 2008
Les quelque 320 employés de Polycor, dont les deux tiers sont répartis un peu partout au Québec - dans les régions de Lac-Mégantic, de Portneuf, du Lac-Saint-Jean et de la capitale - s'affairent à l'extraction des différents types de pierres et à leur première transformation. Polycor ne vend pas directement aux consommateurs ni aux entrepreneurs généraux, mais plutôt aux compagnies qui fabriquent les comptoirs. Environ 65 % de son chiffre d'affaires se réalise au sud de la frontière, selon des données de 2012. «Bien que la plupart de nos activités sont aux États-Unis, on veut garder notre siège social à Québec, assure M. Pérus. Donc en augmentant notre offre [avec la pierre à savon], ça nous permet aussi de renforcer cette équipe-là, qui compte environ 30 personnes.»
La crise économique de 2008 avait durement secoué l'entreprise, qui a dû fermer une de ses trois usines à Saint-Sébastien, près de Lac-Mégantic, il y a deux ans. Une quarantaine de salariés avaient alors perdu leur emploi. «Aujourd'hui, nos deux autres usines de la région vont bien et on a réembauché une bonne partie des employés qu'on avait mis à pied», mentionne M. Pérus. Polycor s'était par ailleurs distinguée en offrant 3000 $ aux employeurs qui étaient en mesure d'offrir du boulot aux nouveaux chômeurs pour une période d'au moins 12 mois.