Laurier célèbre ses 50 ans

À son ouverture le 11 novembre 1961, Place Laurier était le premier centre commercial couvert au Québec avec 50 magasins. On disait même que c'était le plus grand au monde à cette époque. Il est encore le plus grand centre commercial dans l'Est du Canada. Depuis, d'autres centres commerciaux plus grands encore ont vu le jour en Amérique du Nord.
Le projet est né de l'association entre Paul Racine, François Nolin et Amédé Jr Demers qui ont fondé le groupe Delrano en 1957. Les lieux ont subi des transformations par une série d'agrandissements, et changé de main trois fois. Le nom a été modifié il y a près de quatre ans pour devenir uniquement Laurier.
Aujourd'hui, à l'aube de son 50e anniversaire, Laurier lance une série d'activités pour relater son histoire et un concours où l'un des clients pourra gagner la som­me de 50 000 $. Des affiches raconteront divers aspects de l'histoire du centre commercial et l'affichage extérieur viendra même marquer ce moment important dans le monde du commerce au détail.
À l'emploi de Place Laurier depuis 33 ans, dont 23 ans comme directeur général, Pierre Léveillé a plein d'anecdotes et de souvenirs à raconter, comme les visites hebdomadaires d'une cliente â­gée de 101 ans qui ne manque pas de venir faire son tour deux ou trois fois par semaine.
Il se souvient de moments marquants comme les différents a­gran­­dissements, notamment la cré­a­tion du Village Normand en 1966 et l'arrivée du magasin Paquet. En 1972, Sears fait sa place sur une partie des terrains militaires et on construit l'édifice Champlain. En 1981, La Baie s'installe au-dessus du stationnement donnant sur le boulevard Laurier.
Puis, en 1989, commence une grande rénovation avec l'ajout des verrières et de 50 magasins en plus de la transformation du secteur de la restauration qui fait disparaître le Village Normand pour laisser place à la Halte-Bouffe. Le nombre de restaurants est passé de 12 à 24 maintenant.
«Cette rénovation était mon premier mandat comme directeur général, se rappelle M. Léveillé, qui prendra sa retraite en avril. Nous avons décidé de créer un axe est-ouest pour améliorer et simplifier la circulation dans le centre commercial. En même temps, nous avons fait disparaître l'allée qui était la rue Vieux-Québec.
Mais en 1991, ce fut l'hécatombe avec les faillites successives des magasins Paquet, Pascal et Syndicat. D'un coup, 200 000 pieds carrés d'espace devenaient vacants. Place Laurier devait par la force des choses entreprendre un virage majeur.
«Nous avons décidé de changer de cap, ajoute M. Léveillé, car les grandes surfaces générales é­taient devenues moins attray­an­tes pour la clientèle. Nous avons choisi de nous tourner vers des locataires dans des créneaux spécialisés. C'est ainsi qu'est arrivé Toys'R'Us, qui occupait
40 000 pieds carrés dans l'espace laissé vacant par Pascal juste avec des jouets. Cette année-là, nous avons pris 50 % des parts de marché dans la vente de jouets.»
Ainsi, dans les années suivantes, le virage vers des spécialistes de catégorie s'est poursuivi avec Renaud Bray, Linen Chest, Sports Experts, Future Shop, Aliments Santé Laurier, ou d'autres encore comme Freedom ou Old Navy. «C'est ce qui nous a permis d'augmenter nos parts de marché», précise-t-il.
En 2000, un nouveau propriétaire met le pied dans la porte. Ivanhoé Cambridge achète les parts du groupe Oxford et devient partenaire à 50 % avec Omer's dont il a racheté la participation l'an dernier pour devenir l'unique propriétaire.
De la fierté
Fier du fait que Laurier demeure en position de tête malgré les soubresauts de l'économie affectant le commerce de détail, malgré l'arrivée de power center, Pierre Léveillé estime que l'avenir d'un centre commercial comme Laurier repose sur deux points : être à l'écoute des clients et des nouvelles tendances.
Il est aussi fier des performances du centre qui demeure le plus performant avec des ventes moyennes de 530 $ du pied carré.
Agrandissements
D'ailleurs, Laurier s'agrandit encore pour accueillir le magasin Best Buy sur 35 000 pieds carrés. Un autre agrandissement est envisagé pour l'an prochain et des rénovations du hall central seront entreprises dans deux ans.
Pour garder sa place, pas question de se reposer sur ses lauriers. Il faut demeurer dynamique et inventif, soutient-il. C'est ainsi que la direction a amorcé un virage vert qui lui a valu un prix canadien sur l'économie d'énergie. Avec une économie de neuf millions de kWh, c'est l'équivalent de la consommation de 400 résidences pour une année. Sans compter les efforts pour économiser l'eau, recycler le carton et pour le programme de recyclage des déchets organiques dans les restaurants.
Pour ses 50 ans, Laurier entame, selon M. Léveillé, une phase de stabilisation et de raffinement pour demeurer à l'affût des attentes de ses clients, dont la moyenne d'âge est de 35 ans, tout en tenant compte de l'arrivée massive de milliers de  baby-boomers à la retraite dans les prochaines années.