Xavier Godmaire, cofondateur de l’entreprise Laserax avec Alex Fraser, pense que la croissance de l’entreprise de traçabilité des métaux passe par l’internationalisation.

Laserax — traçabilité des métaux: se spécialiser pour mieux croître

2015, le téléphone sonne. À tour de rôle, Rio Tinto, Alcoa, et Aluminerie Alouette au bout du fil. Une occasion d’affaires à l’horizon qui mérite réflexion.

À cette époque, Laserax se spécialisait dans les solutions de traçabilité et le découpage de matériaux au laser pour les entreprises manufacturières. Elle comptait environ huit travailleurs.

Les cofondateurs de la compagnie de Québec, Xavier Godmaire et Alex Fraser, rêvaient (et encore aujourd’hui) de faire de leur PME un fleuron québécois.

Deux options se présentaient à eux. La continuité de leurs opérations, avec une offre multiservices, ou miser sur une seule branche d’affaires, un pari audacieux. La deuxième option est retenue.

Trois ans plus tard, Laserax ne regrette pas son choix. Et difficile de contredire les patrons. C’est aujourd’hui une famille d’une quarantaine de paires de bras. Les ventes ont été multipliées par 20 depuis 2015 et le carnet de commandes ne dérougit pas.

«Notre plan de match a fonctionné. Nous sommes passés d’une entreprise qui offrait plusieurs solutions industrielles à une compagnie qui se spécialise dans la traçabilité des métaux. À l’époque, c’était risqué», explique M. Godmaire.

En 2016, rappelons que ces deux hommes d’affaires avaient participé au dossier «Nos leaders de demain» du Soleil.

Aujourd’hui, Laserax n’offre plus (ou presque) de solutions de soudure ou de découpage de métaux et de plastique au laser. Ses clients sont des alumineries et des fabricants automobiles situés dans 16 pays.

Afin d’appuyer sa croissance, Investissement Québec, Desjardins Capital et le Fonds Innovexport ont récemment injecté 10,8 millions $ dans l’entreprise. De l’argent qui servira notamment pour l’ouverture de bureaux du côté de l’Europe ainsi qu’au pays de Donald Trump.

Et l’ingénieur de formation ne le cache pas : avoir un pied à terre sur le Vieux Continent est une priorité. Il regarde pour l’Allemagne et les alentours.

«C’est une urgence. C’est un frein à notre croissance. On perd actuellement des opportunités d’affaires», déplore le patron. «Laserax, c’est une entreprise québécoise avec un très beau produit, mais qui doit sortir de sa coquille pour devenir une grande entreprise internationale», ajoute-t-il.

Comme autres champs d’expertise, la compagnie développe aussi de nouvelles technologies permettant le nettoyage d’équipements industriels au laser. Le 10,8 millions $, issu d’une première ronde de financement, servira à peaufiner cette technologie.

Objectif: 70 employés

Fondée en 2010, Laserax vise compter environ 70 travailleurs d’ici la fin de l’année 2019. Depuis des mois, son nom circule de plus en plus à travers les entreprises du secteur de la métallurgie.

«On veut être les meilleurs dans un domaine précis. Nous sommes aujourd’hui présents dans les plus grosses alumineries au monde. Nous collaborons aussi avec des producteurs d’acier, de zinc, de plomb et de magnésium», note M. Godmaire, indiquant que 70 % de son chiffre d’affaires provient de l’étranger. «Un peu comme dans le domaine pharmaceutique et alimentaire, les standards de traçabilité ont augmenté dans le secteur industriel au cours des dernières années. Les gens veulent être capables d’identifier les problèmes à la source», poursuit-il, d’où son succès.

En novembre 2017, Laserax avait été récipiendaire du Prix Innovation — Jeune entreprise de l’ADRIQ.

L’une des technologies développées par l’entreprise permet, par exemple, de suivre le cheminement d’un lingot d’aluminium jusqu’au constructeur automobile. Elle a été développée en collaboration avec le Centre d’optique, photonique et laser de l’Université Laval.