Pour Claude Arteau, le fondateur d'Arteau Récupération, Frédéric Arteau, le pdg de l'entreprise, et Yelitza Rojas, responsable du développement des affaires, il reste encore de grands pas à faire dans le monde du recyclage.

L'art de recycler de façon responsable

Ce n'est pas la plus grosse entreprise de récupération de la province. Une petite entreprise parmi les géants, mais Arteau Récupération fait son petit bonhomme de chemin dans le recyclage, la récupération, la réutilisation, mais aussi dans l'éducation au développement durable depuis une vingtaine d'années.
Lorsque le fondateur Claude Arteau a commencé à petite échelle à faire de la récupération à la fin des années 80, c'était pour avoir un revenu d'appoint dans une période plus difficile au travail. Toute la famille a mis la main à la pâte, ou plutôt dans les déchets, pour faire du tri manuel et vendre ce qui pouvait être recyclé à bon prix.
C'est en 1993 que l'entreprise a été fondée. Depuis 2009, c'est Frédéric Arteau qui est à la direction de la compagnie située pour l'instant rue Watt dans le secteur Sainte-Foy. Pour l'instant, car en 2014, Arteau Récupération prévoit s'installer dans le parc industriel de Charlesbourg, près de la sortie Georges-Muir dans des locaux plus spacieux.
L'entreprise est la seule à Québec à faire de la récupération multimatières, l'une des rares au Québec. Elle collecte les matières presque exclusivement auprès des entreprises, comprenant le papier et le carton, les produits électroniques, le plastique, les lampes et les ampoules contenant du mercure comme les fluocompactes. On ramasse même les piles et les batteries.
Frédéric Arteau soutient qu'il y a toujours quelque chose à retirer de ce qui est envoyé au recyclage. L'équipe regarde ce qui peut être réutilisé. Ce peut être un lot de caisses de papier blanc, une palette de caisses de carton ou de seaux de plastique qui peuvent servir à une autre entreprise. Il les revendra à petit prix. Pourquoi jeter lorsqu'on peut réutiliser? dira-t-il.
Seuil de tolérance
Côté éducation, il rappellera aux gens où il ramasse le papier ou d'autres matières comment faire le tri à la source pour répondre aux exigences des recycleurs, comme il le fait avec le papier qu'il enverra chez Cascades.
«Ce n'est pas seulement ramasser la matière, ajoute-t-il, mais le faire correctement. Certains recycleurs ont des seuils de tolérance quant à la qualité de la matière. Si le travail est bien fait à la source, c'est plus rentable pour toute la chaîne du recyclage.»
Il s'agit d'introduire selon lui de bonnes pratiques et une philosophie pour mieux récupérer de la haute direction d'une entreprise jusqu'au bout de la chaîne. Si la direction n'est pas convaincue, les employés ne suivront pas.
Et il y a des choix à faire à la base. Il donne l'exemple d'un client qui a voulu introduire de petits contenants compostables dans sa chaîne d'emballage, croyant bien faire. Mais la majorité des gens envoient ce plastique compostable dans le recyclage où il devient un contaminant.
Pour lui, le concept de développement durable touche non seulement les choix dans les emballages des produits à vendre, mais dans les choix de produits à utiliser. Et songer à produire moins de déchets à la source.
C'est aussi implanter de bonnes manières d'effectuer la récupération, car le processus de récupération de plusieurs types de produits demande une bonne logistique chez le récupérateur pour limiter les manipulations.
200 tonnes par mois
Avec une petite équipe de six personnes, l'entreprise récupère entre 175 et 200 tonnes de matières recyclables tous les mois. Avec le déménagement dans ses nouveaux locaux, le tonnage devrait augmenter.
Pour Claude et Frédéric Arteau et Yelitza Rojas, responsable du développement des affaires, il reste encore de grands pas à faire dans le monde du recyclage tant dans les pratiques d'écoconception des produits que dans la recherche de solutions, des secteurs où les gouvernements et les grandes industries devraient investir pour contribuer au développement durable.
«Tous les gestes comptent, même les plus petits», affirme Frédéric Arteau avec conviction. «Il faut penser aux divers impacts que nous produisons dans l'écosystème et voir la portée de nos gestes à long terme.»