Déjà mercredi, il n'était plus possible de réserver une chambre au Concorde après le 11 février. Le site Web affichait aussi une non-disponibilité des chambres dès le 12 février.

L'arrêt de mort du Concorde scellé

Vente ou pas, la direction de la chaîne hôtelière Loews est catégorique et maintient que Le Concorde fermera définitivement ses portes le 12 février à minuit.
«Pour nous, il est clair que cet hôtel cessera ses activités comme il a été convenu le 12 février prochain», a indiqué mercredi la responsable des communications de Loews Hotels, Sarah Murov, jointe à New York par Le Soleil.
Selon cette dernière, bien que Loews «explore d'autres options» (comme la vente du bâtiment au Groupe Savoie, propriétaire des Résidences Soleil), la fermeture de l'hôtel de 405 chambres de la Grande Allée demeure incontournable le mois prochain.
Mercredi, il n'était d'ailleurs plus possible de réserver une chambre au Concorde après le 11 février. Les téléphonistes de l'hôtel refusent de prendre toute réservation après cette date. Le site Web affichait également une non-disponibilité des chambres dès le 12 février.
Depuis novembre, les quelque 250 employés du Concorde ont en main un avis de cessation d'emploi en vigueur pour le 13 février.
Pour justifier la fermeture du Concorde, la direction de Loews évoque notamment des problèmes de non-rentabilité au sein d'une industrie en pleine consolidation au Québec.
Entente de principe
Il y a deux jours, une entente de principe est intervenue entre le Groupe Savoie et la chaîne d'hôtels Loews. Le Groupe Savoie entend acquérir l'immeuble pour le transformer en une résidence de 350 appartements pour retraités.
La Ville de Québec aura toutefois son mot à dire dans le dossier. L'administration du maire Régis Labeaume devra notamment autoriser un changement d'usage pour faire ajouter à la vocation résidentielle de l'immeuble actuel (H1) celle de services communautaires (H2).
Ce type de transaction n'est pas étranger au Groupe Savoie. Il y a deux ans, le Groupe Savoie a mis la main sur l'hôtel Grand Plaza à Montréal pour le transformer en Résidence Soleil. L'immeuble de 25 étages situé à l'angle des rues Sherbrooke et Berri compte maintenant 420 appartements pour retraités.
Les employés du Concorde croient que leur avenir n'est toutefois pas encore joué. Le Syndicat des travailleurs du Concorde demande au maire de Québec de refuser tout changement d'usage et de forcer la main à Loews pour trouver un nouvel acheteur issu du secteur de l'hôtellerie.
«Je ne peux pas croire que personne ne s'intéresse à cet hôtel encore très respectable. Cette conversion ne fait pas de sens pour le secteur de la Grande Allée ni pour l'industrie», a fait valoir hier le président, Jacques Fortin.
Selon ce dernier, le Concorde jouissait encore récemment d'un taux d'occupation annuel moyen fort enviable, variant entre 66 % et 70 %.
L'an dernier, la direction de Loews avait pourtant trouvé un acheteur au Concorde, le groupe Urgo Hotels qui avait par la suite retiré son offre d'achat après l'étape des vérifications diligentes.
Il faut dire que le cas du Concorde est particulier. La société Loews jouit d'un bail emphytéotique de 99 ans signé il y a 43 ans avec l'homme d'affaires Marcel Adams, qui possède la société Développement Iberville. Au terme de ce bail, en vigueur jusqu'en 2069, l'immeuble deviendra la propriété de la succession de M. Adams.