Deux des associés de Lao Kombucha, Philippe Boivin et Kim Décary, montrent fièrement leurs produits.

Lao Kombucha: l’art de brasser... du thé

Un plombier, un militaire et une travailleuse autonome ont tout laissé tomber pour se consacrer à Lao Kombucha : une boisson faite de thé Camellia Sinensis fermenté de manière ancestrale.

Dans le parc industriel de Charlesbourg, trois jeunes tatoués, avec un style branché, ne passent pas inaperçus. Tous les matins, ces passionnés de thé se retrouvent pour perfectionner les différentes saveurs de leur produit : le Lao Kombucha. En entrant dans la brasserie, une odeur de fermentation traverse l’usine. «Le kombucha est une fermentation de thé qui ressemble un peu au vinaigre», explique le maître brasseur Raphaël Lessard, en pointant les différentes cuves qu’il utilise pour faire la distillation. 

Lao Kombucha a vu le jour en 2016, à la suite d’un voyage en Chine de Jonathan Cloutier. «Jonathan est tombé en amour avec le thé et toutes les particularités qu’il avait, et Vincent [un ex-associé] est un amateur de fermentation. Les deux ont marié leur passion, et cela a fait Lao Kombucha», détaille la copropriétaire et spécialiste du marketing de Lao Kombucha, Kim Décary. Lao signifie en mandarin le concept de sagesse et de vieillissement, une métaphore qui décrit le processus de création de cette boisson, explique-t-elle. 

Aujourd’hui, Lao Kombucha est composé de trois copropriétaires, d’un maître brasseur et de quelques employés à temps partiel qui s’occupent de l’embouteillage. À l’exception du maître brasseur, ils n’avaient jamais travaillé dans le domaine alimentaire. «Philippe était dans l’armée, Jonathan était plombier, et moi je faisais de la photo et des sites Web», fait remarquer Kim Décary, fière d’avoir réalisé ce défi. Leur point commun : ils étaient tous des amateurs de cette boisson de thé fermentée. «Nous sommes de jeunes entrepreneurs qui sont passionnés et qui voulaient créer un produit incontournable», explique le copropriétaire et directeur financier et de production de Lao Kombucha, Philippe Boivin. 

Pour les fondateurs, il était essentiel que leur kombucha soit fait avec du thé de qualité. Ils se sont donc tournés vers la maison de thé Camellia Sinensis. «Ce partenariat et notre méthode de fermentation authentique qui suit l’art traditionnel du brassage nous démarquent», détaille Mme Décary. Lao Kombucha a vendu sa première bouteille en avril 2017. Depuis, l’entreprise en a vendu près de 170 000 et compte 350 points de vente au Québec. 

Compétition féroce

Les kombuchas sont de plus en plus à la mode. «Quand nous avons démarré, il y avait huit entreprises de kombucha au Québec. Maintenant, il y a en 32», observe la spécialiste du marketing. Cette augmentation du marché entraîne une compétition féroce avec les autres distributeurs. Les vingtenaires restent toutefois confiants. «Nous commençons à nous piler un peu sur les pieds, mais nous avons un produit haut de gamme grâce à la qualité du thé et sa technique de fabrication», croit Kim Décary. 

De passage à l’émission Dans l’œil du dragon le 5 juin dernier, l’équipe de Lao Kombucha espère pouvoir rejoindre un plus grand public. Ils ont beaucoup de projets en tête, et souhaitent développer de nouvelles saveurs. Mardi, ils vont dévoiler une nouvelle série. Le 14 juin, ils assisteront au Gala Les Grands Prix de la Relève d’Affaires du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) en tant que finalistes. Ils aimeraient exporter leur produit dans les autres provinces avant 2020. D’ici là, ils se contentent de leur réalisation, et ont commencé à former de jeunes entrepreneurs, qui comme eux, ont la passion d’apprendre les rouages de la méthode de fabrication du kombucha.