La productrice Isabelle Béland est fière de son maïs sucré de Neuville qui faisait son entrée, mercredi, au Marché public de Sainte-Foy.

L'an 2 du vrai maïs sucré de Neuville

Isabelle Béland plaçait judicieusement ses épis de maïs sur la table. C’était jour de rentrée pour la productrice de Neuville rencontrée, mercredi matin, au Marché public de Sainte-Foy.

Elle y apportait ses premiers épis de blé d’Inde. Pas n’importe lequel. Du maïs sucré de Neuville.

«J’ai commencé tranquillement à en vendre à la ferme et dans un petit marché, en fin de semaine, à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Mais là, nous lançons notre saison à Québec.»

D’autres membres de l’Association des producteurs de maïs sucré de Neuville ont aussi commencé, ces derniers jours, à vendre leurs produits au Marché du Vieux-Port de Québec.

Et puis, Isabelle Béland, est-ce qu’il sera beau votre blé d’Inde cette année? La récolte sera-t-elle abondante?

«C’est encore trop tôt pour s’avancer là-dessus. Chaque année, c’est toujours un mystère», répond-elle en affirmant que la récolte accusait actuellement un retard d’environ une semaine.

«Le printemps a été frisquet ce qui a retardé les semences et les plans ont mis du temps à grandir. Actuellement, il fait chaud. Le maïs mûrit plus rapidement. Reste à voir, maintenant, si la période de sécheresse va se prolonger.»

L’été dernier, le maïs sucré de Neuville se faisait plutôt rare. Les nuits froides ont affecté la production. «Au début de l’année, nous n’arrivions pas à fournir à la demande.»

Et la demande, il y a un an, était forte.

Usurpateurs mis au pas

En juin 2017, le maïs sucré de Neuville faisait les machettes. Il obtenait finalement sa certification et bénéficiait d’une identification géographique protégée (IGP).

Cette mesure d’appellation réservée assure au consommateur que le blé d’Inde de Neuville qu’il achète vient bel et bien de Neuville et protège, du même coup, les producteurs contre les usurpateurs.

L’an 1 du vrai maïs sucré de Neuville a eu des effets bénéfiques pour les producteurs, assure Isabelle Béland.

«Sans être en mesure de les chiffrer exactement, je peux vous dire que nos ventes ont augmenté», signale-t-elle.

Dans son rapport d’activités 2017, le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), dont la mission est de surveiller l’usage des appellations réservées au Québec, notait que 2017 avait été une «année record pour la vente de maïs sucré de Neuville.»

«L’entrée en vigueur de l’appellation réservée a fait disparaître, comme par magie, plusieurs kiosques qui, jadis, prétendaient faussement vendre du maïs de Neuville. À la recherche du vrai blé d’Inde sucré de Neuville, le consommateur devait donc se rendre directement chez le producteur ou dans un marché public où nous vendons nos produits.»

Isabelle Béland reconnaît qu’il reste encore des «récalcitrants». D’ailleurs, une demande de vérification vient d’être déposée au CARTV contre un commerçant qui, pas plus tard que la semaine dernière, affichait fièrement vendre du maïs sucré de Neuville. «Et il n’y avait pas encore un seul épi qui était sorti, à ce moment-là, des champs des producteurs qui ont obtenu leur IGP», s’étonne Isabelle Béland.

En 2017, le CARTV a traité à peine une poignée de demandes de vérification. Dans la plupart des cas, l’usurpateur a cessé sur-le-champ d’afficher qu’il vendait du vrai maïs sucré de Neuville.

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L'appellation réservée Maïs sucré de Neuville...en un mot

Elle désigne un aliment de nature végétale dont la production est réalisée par des entreprises qui sont obligatoirement situées dans la ville de Neuville, dans la circonscription de Portneuf.  
Ces entreprises produisent leur maïs selon un cahier des charges qui assure l’origine du produit et qui stipule les différentes étapes de la production et du conditionnement. L’ensemble du processus est certifié par un organisme indépendant.
Le «maïs sucré de Neuville» est issu de semences non modifiées génétiquement et les épis se caractérisent par des grains de couleurs brillantes, de jaune à ivoire. Le maïs est récolté manuellement ou de façon mécanisée. Il peut être conservé 12 heures sans refroidissement ou tout au plus 48 heures lorsqu’il est entreposé dans une chambre froide.

Source : Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec

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Les producteurs certifiés

Au 31 décembre 2017, 10 producteurs de maïs de Neuville bénéficiaient d’une identification géographique protégée et pouvaient afficher qu’ils vendent du blé d’Inde de Neuville :

  • Ferme Jean-Paul Côté et fils
  • Ferme Benoît et Denise Gaudreau
  • Ferme Béland et fille
  • Ferme Dubuc
  • Ferme Guy Béland
  • Ferme Degau
  • Ferme Langlois et fils
  • Les Serres A. Giguère 90
  • Ferme Ancestrale
  • Ferme Orel

Source: Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV)