Le président et chef de la direction de Saputo, Lino Saputo Jr 

L'ALÉNA ne devrait pas menacer la gestion de l'offre, croit Saputo

À l'approche de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), Saputo ne s'attend pas à voir le gouvernement canadien consentir à de nouvelles brèches dans le système de la gestion de l'offre.
D'après ses discussions avec les différentes associations du secteur et représentants gouvernementaux, le président et chef de la direction du transformateur laitier, Lino Saputo Jr, croit que les risques sont «très faibles».
Questionné dans le cadre d'une conférence téléphonique, jeudi, celui-ci a donné en exemple l'issue de la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada, où les positions du candidat malheureux Maxime Bernier contre la gestion de l'offre ont joué un rôle dans la défaite subie aux mains de son rival Andrew Scheer.
«Je peux vous dire que je ne crois pas que quelqu'un voudra mettre sa tête sur le billot pour tenter de démanteler la gestion de l'offre», a-t-il dit, après avoir commenté les résultats du quatrième trimestre de l'entreprise, qui a raté la cible des analystes.
Le système régissant les productions de lait, d'oeufs et de volailles a déjà fait les frais de l'Accord économique commercial et global (AECG) conclu avec l'Union européenne, puisque le Canada ouvrira ses frontières à 17 700 tonnes supplémentaires de fromages européens.
«Des facettes devraient entrer en vigueur en juillet, a dit M. Saputo Jr. Il ne devrait pas y avoir d'impacts significatifs pour nous.»
Celui-ci a également passé beaucoup de temps à rassurer les analystes, qui se sont demandé si les résultats décevants du quatrième trimestre constituaient un mauvais présage.
Performance décevante
La performance trimestrielle a refroidi les investisseurs, puisqu'à la Bourse de Toronto, l'action de Saputo (TSX:SAP) a clôturé à 43,37 $, en baisse de 1,73 $, ou 3,84 %.
Pour la période de trois mois terminée le 31 mars, l'entreprise établie à Montréal a affiché un bénéfice net de 165,2 millions $, ou 42 cents par action, comparativement à 141,2 millions $, ou 36 cents par action, à la même période en 2016.
L'an dernier, diverses charges totalisant plus de 23,5 millions $, dont certaines liées à des restructurations, avaient pesé sur les profits nets de Saputo.
Son bénéfice ajusté - excluant les éléments non récurrents - est demeuré stable, à 165,2 millions $, alors que ses revenus ont décliné de 0,5 %, à 2,72 milliards $.
Cette performance trimestrielle s'est avérée inférieure aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit par action de 48 cents et sur un chiffre d'affaires de 2,91 milliards $.
M. Saputo Jr a attribué cette performance à une diminution des volumes, notamment aux États-Unis, où les revenus ont reculé de 1 %, à 1,43 milliard $, alors que le bénéfice d'exploitation ajusté a plongé de 44,7 pour cent, à 150,5 millions $.
«Cela ne concerne pas la structure de notre entreprise, a-t-il affirmé. De temps à autre, les conditions du marché sont moins adéquates et nous sommes capables d'absorber cela.»
Néanmoins, Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, a indiqué dans une note qu'elle espère un redressement de la situation aux États-Unis, étant donné que les facteurs négatifs du trimestre ont plombé les gains d'efficacité réalisés par l'entreprise.
De son côté, Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux, a estimé que la baisse des volumes constatée dans le marché américain constituait un rare cas où l'entreprise ne répondait pas aux attentes.
En dépit d'un quatrième trimestre en demi-teinte, Saputo a terminé l'exercice sur une note positive, affichant des profits nets de 731,1 millions $, ou 1,84 $ par action dilué, en progression de 21,6 pour cent. Ses revenus ont progressé de 5,1 %, à environ 4 milliards $.