Malgré son verdict de culpabilité, Christine Lagarde ne sera pas punie. Elle n'aura pas non plus de casier judiciaire. Elle s'est exprimée devant les médias lundi après que le conseil d'administration du Fonds monétaire international eut réaffirmé son soutien à son égard.

Lagarde reconnue coupable de négligence

Christine Lagarde a été reconnue coupable de négligence par la Cour de justice de la République lundi, mais la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) ne sera pas punie pour son rôle dans une controversée décision d'arbitrage.
Mme Lagarde n'aura pas non plus de casier judiciaire. Elle était passible d'une amende et d'une année de prison.
Le verdict de lundi vient néanmoins ternir la carrière de celle qui compte parmi les femmes les plus puissantes de la finance internationale, et il soulève immédiatement des doutes quant à savoir si elle pourra conserver le poste qu'elle occupe depuis 2011. Un porte-parole du FMI a indiqué lundi que le comité de direction se réunira bientôt pour discuter «des plus récents développements».
La Cour de justice de la République est composée de 3 juges et 12 parlementaires et se penche sur les crimes reprochés aux ministres pendant qu'ils sont au pouvoir.
Mme Lagarde, qui n'était pas présente pour la lecture du verdict, a toujours maintenu son innocence.
Christine Lagarde avait été accusée de négligence après que l'État français eut remis 403 millions d'euros (425 millions $US) au magnat Bernard Tapie, proche du président Nicolas Sarkozy, en 2008.
M. Tapie avait reçu cette somme en guise de dédommagement pour la vente ratée du fabricant d'équipements sportifs Adidas dans les années 90, au moment où Mme Lagarde était ministre des Finances. Le montant avait suscité l'indignation en France. Des enquêteurs croient que toute l'affaire avait été orchestrée au profit de M. Tapie.
Des tribunaux civils ont depuis renversé le dédommagement; déclaré que le processus d'arbitrage avait été frauduleux; et ordonné à M. Tapie de tout rembourser.
On reprochait à Mme Lagarde une «négligence grave» qui aurait permis à d'autres intervenants dans cette affaire de mettre la main sur des fonds publics de manière inappropriée.
Plusieurs erreurs graves
Les juges d'enquête estimaient que Mme Lagarde a commis plusieurs erreurs graves, tout d'abord quand elle a choisi d'aller en arbitrage, puis quand elle a refusé de contester le montant du dédommagement, ce qui porte à croire qu'elle a été influencée par les liens politiques entre MM. Tapie et Sarkozy.
La Cour de justice de la République a justifié sa décision en évoquant le fait que le dédommagement accordé à M. Tapie a été annulé et qu'il n'y aura donc aucun impact sur les finances publiques. Il a aussi souligné le fait que Mme Lagarde affrontait à l'époque une crise financière qui touchait l'économie mondiale, avant de reconnaître que sa «personnalité et sa réputation nationale et internationale» enviable ont joué en sa faveur.