L'action de BRP atteint un sommet après la publication de ses résultats

MONTRÉAL — L'action de BRP a atteint un sommet record jeudi, après que le constructeur de véhicules récréatifs a relevé ses prévisions financières pour un deuxième trimestre consécutif, ses revenus ayant augmenté au deuxième trimestre grâce à une hausse des ventes de véhicules hors route et de véhicules marins.

Le titre de BRP a grimpé jusqu'à 74,67 $ en début de séance à la Bourse de Toronto, et a clôturé la séance en hausse de 5,07 $, ou 7,8 pour cent, à 70,22 $.

La société derrière les motoneiges Ski-Doo et les motomarines Sea-Doo prévoit désormais que son bénéfice normalisé par action pour l'exercice augmentera de 30 à 35 pour cent par rapport à l'année dernière, alors que sa prévision précédente visait une croissance de 24 à 30 pour cent.

Le chiffre d'affaires devrait maintenant augmenter de 12 à 16 pour cent par rapport aux prévisions antérieures, qui évoquaient une croissance de 6 à 10 pour cent, dépassant ainsi les attentes des analystes.

Ce bond dans les prévisions marque le deuxième trimestre consécutif où la société de Valcourt relève ses prévisions de revenus.

«Compte tenu de l'élan positif que nous connaissons et de la bonne visibilité que nous avons au second semestre, nous sommes à l'aise avec l'idée d'augmenter nos prévisions pour la fin de l'exercice», a affirmé jeudi le président et chef de la direction de BRP, José Boisjoli.

Les ventes de Sea-Doo et de véhicules côte à côte — des véhicules tout-terrain à quatre roues motrices — ont propulsé le chiffre d'affaires de la société de 76 ans à un niveau record pour un deuxième trimestre.

BRP a cependant affiché un bénéfice net de 41 millions $, ou 41 cents par action, pour le trimestre clos le 31 juillet. Cela se comparait à un profit net de 104 millions $, ou 93 cents par action, pour la même période l'an dernier, pour laquelle la société avait profité d'un gain de change non récurrent sur sa dette à long terme.

Le bénéfice ajusté, qui exclut les éléments exceptionnels, s'est élevé à 66,4 millions $, soit 66 cents par action, par rapport à celui de 22,9 millions $, ou 20 cents par action, de l'an dernier.

Les revenus de BRP se sont chiffrés près de 1,21 milliard $, en hausse de 18 pour cent par rapport à ceux de 1,02 milliard $ d'il y a un an.

Benoit Poirier, analyste pour Valeurs mobilières Desjardins, a estimé que ces résultats étaient solides et qu'ils avaient permis à BRP d'afficher une performance supérieure à celle de l'industrie «dans tous les segments en Amérique du Nord».

«Nous pensons que la performance de la société témoigne de la capacité de la direction à introduire des produits attrayants grâce à l'innovation — un levier clé pour gagner des parts de marché», a-t-il fait valoir dans un rapport.

Bateaux de pêche et pontons

Certains de ces gains proviennent des récentes acquisitions de BRP, AlumaCraft Boat et Manitou Pontoon Boats. Les bateaux de pêche et les pontons en aluminium — une nouveauté pour BRP — représentent plus de la moitié du marché des bateaux américains, a souligné M. Boisjoli.

Il a également discuté des négociations de l'ALÉNA, qui ont vu le Mexique et les États-Unis parvenir à un accord bilatéral préliminaire cette semaine alors que le Canada s'efforce de respecter l'échéance fixée à vendredi.

L'augmentation des seuils de contenu régional de l'accord bilatéral pour les composants des produits automobiles ne représenterait qu'une menace limitée pour la gamme de véhicules tout-terrain de BRP, a-t-il estimé.

L'entente entre les deux partenaires de l'ALÉNA du Canada exigerait que jusqu'à 75 pour cent du contenu d'un véhicule automobile soit construit aux États-Unis et au Mexique, en hausse par rapport au seuil actuel de 62,5 pour cent. Entre 40 et 45 pour cent du contenu devrait être produit par des travailleurs dont le salaire est d'au moins 16 $ US par heure.

Pour BRP, une infraction à ces règles entraînerait une pénalité de deux pour cent des ventes de véhicules tout-terrain — soit environ 5 millions $ — puisque c'est le seul de ses produits qui se trouve dans la classification des véhicules automobiles.

Pour le constructeur de Valcourt, qui a généré l'an dernier des revenus de 4,5 milliards $ et un bénéfice net de 274 millions $, cette pénalité n'est pas importante.

«Dans notre cas, nous ne nous y conformerions pas», a indiqué M. Boisjoli à La Presse canadienne. Au pire, a-t-il ajouté, l'entreprise pourrait envisager de délaisser certains fournisseurs de pièces asiatiques pour les remplacer par des sociétés nord-américaines afin de respecter les nouveaux seuils.