Pour les 12 derniers mois, la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec a enregistré pour une quatrième fois consécutive une croissance des ventes résidentielles, soit de 2 % comparativement à 6 % à l'échelle provinciale.

L'acheteur et le locataire rois en 2017

Le marché immobilier de la région de Québec devrait faire des heureux et (encore) des malheureux en 2017. Pour une rare fois, les locataires pourraient avoir la main chanceuse, car une guerre des prix se dessine à l'horizon. Pour les propriétaires d'une maison unifamiliale, notez que pour une première fois en 20 ans, le prix de votre demeure devrait diminuer, selon les prévisions d'experts.
La Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) a présenté jeudi matin ses prévisions pour la province ainsi que pour la région de Québec. Le premier constat : le marché immobilier devrait de nouveau ralentir cette année, en raison notamment de l'instauration par Ottawa des nouvelles règles visant à resserrer les conditions pour obtenir un prêt hypothécaire et du ralentissement de la croissance démographique.
Mais parlons avant tout de la cuvée 2016, qui ne passera certainement pas à l'histoire. 
Pour les 12 derniers mois, la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec a enregistré pour une quatrième fois consécutive une croissance des ventes résidentielles, soit de 2 % comparativement à 6 % à l'échelle provinciale. Ce sont 6721 résidences qui ont trouvé preneur avec l'aide d'un courtier immobilier dans la région et 78 231 à travers la province. 
«C'est vraiment du côté de la périphérie nord dans la RMR de Québec que l'activité [concernant les ventes] a augmenté en 2016 [voir le tableau]», indique Paul Cardinal, directeur de l'analyse de marché de la FCIQ. «Pour l'agglomération de Québec, il y a eu une stabilité et un repli de 2 % du côté de la Rive-Sud», poursuit-il.
Le prix médian pour une demeure unifamiliale dans la région a fait un bond de 1 % (248 000 $) et de 7 % (306 000 $) pour le plex - deux unités et plus dans un même bâtiment -, contrairement à celui pour une copropriété qui a chuté pour une troisième année consécutive, cette fois-ci de 4 % (190 000 $). En 2016, toutes catégories confondues, le délai moyen de vente a été de 136 jours, soit 11 jours de plus qu'en 2015. C'est en ce qui concerne les copropriétés que les vendeurs ont dû se montrer plus patients, avec en moyenne un délai de vente de 182 jours.
Maintenant, à quoi doit-on s'attendre pour 2017? L'acheteur et le locataire seront-ils rois? 
Selon les données d'Élisabeth Koulouris, chef analyste à la SCHL pour la région de Québec, et de M. Cardinal, il semble bien que oui. 
Moins de transactions
M. Cardinal prévoit pour la région une baisse de 8 % du nombre de transactions résidentielles au cours des prochains mois, tous secteurs confondus. Il estime que le prix médian - pour une première fois en deux décennies - des maisons unifamiliales devrait diminuer de 1 %, passant de 248 000 $ en 2016 à 245 000 $. Également, le prix médian de la copropriété devrait poursuivre sa chute de 3 %, de 190 000 $ à 185 000 $.
Quant au marché locatif traditionnel, la «construction excessive» devrait avoir comme effet en 2017 une augmentation du taux d'inoccupation à 6 %, prévient Mme Koulouris. Ce qui devrait forcer certains promoteurs immobiliers à user de promotions alléchantes - des mois gratuits - ou baisser le prix des loyers pour attirer de nouveaux locataires. Pour l'heure, le taux d'inoccupation est de 4,9 % et le loyer moyen pour un appartement avec deux chambres est de 1033 $. 
«Nous avons fait face à une offre excédentaire dans le marché du neuf. La situation s'est toutefois quand même résorbée, mais nous avons présentement une offre excédentaire sur le marché de l'existant», note Mme Koulouris. «À partir d'un taux d'inoccupation de 6 %, cela nous indique des signes de conditions problématiques plutôt élevés. [...] Dans les années 90, à Québec, nous avions vu des taux d'inoccupation qui atteignaient les 6 % et 7 %. Il avait alors eu de légers replis du loyer moyen», poursuit-elle.
Pour les prochains mois, la chef analyste à la SCHL s'attend également à une baisse des mises en chantier, de 4766 en 2016 à au mieux 4150 en 2017. Elle prévoit toutefois une hausse - sans surprise - des mises en chantier pour la construction de résidences pour personnes âgées. D'ailleurs, plusieurs projets de résidences ont déjà été annoncés depuis le début de l'année, notamment de Logisco et du Groupe Résidences du Patrimoine. 
Pour les mises en chantier pour des condos, ils ont atteint un creux historique en 2016 de 439 unités.