Le 2 octobre 2017, Jean Coutu, du groupe du même nom, et le président de Metro, Eric La Flèche, officialisaient la transaction.

L'achat de Jean Coutu par Metro: «le prix n’était pas cheap»

Si la facture a été salée pour avaler le Groupe Jean Coutu, la pilule n’a pas été trop difficile à avaler pour le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche, qui est convaincu que ce mariage sera profitable.

«Oui, le prix n’était pas «cheap», mais il était justifié et le potentiel est là», a-t-il affirmé, lundi, en marge d’une allocution prononcée devant un parterre de gens d’affaires réunis par le Cercle canadien de Montréal.

L’épicier québécois est officiellement propriétaire de la chaîne de pharmacies depuis vendredi dernier, lorsque la clôture de la transaction de 4,5 milliards $ annoncée en octobre dernier a été confirmée.

L’entreprise issue du regroupement entre les deux fleurons québécois devrait générer des ventes annuelles d’environ 16 milliards $ et exploitera plus de 1300 supermarchés et pharmacies au Québec, en Ontario ainsi qu’au Nouveau-Brunswick. Avec 85 000 salariés, il s’agira aussi du plus important employeur privé au Québec, estime M. La Flèche.


« Oui, le prix n’était pas cheap, mais il était justifié et le potentiel est là »
Eric La Flèche, président de Metro

Des synergies évaluées à 75 millions $ devraient être réalisées au cours des trois prochaines années.

«Non seulement (Jean Coutu) était l’un des derniers actifs, mais c’était le meilleur, a expliqué le grand patron de Metro, au cours d’une courte mêlée de presse. C’est une marque unique et un réseau unique au Québec. En combinant nos marques, nous allons obtenir des économies.»

La consolidation s’est accélérée dans le secteur canadien de la pharmacie depuis 2013 quand les Compagnies Loblaw avaient annoncé une entente visant à acquérir la chaîne Shoppers Drug Mart (Pharmaprix au Québec) pour 12,4 milliards $. En avril dernier, c’était au tour de McKesson Canada d’avaler le Groupe Uniprix et ses 330 pharmacies.

Si Metro n’est pas resté les bras croisés, l’épicier a été forcé de délier les cordons de la bourse, peut-être même un peu trop au goût de certains analystes.

Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux, a calculé que Metro a payé 14 fois le bénéfice d’exploitation ajusté de Jean Coutu, alors que ce multiple a été de 11 fois pour Loblaw au moment d’acquérir Shoppers.

Dans un récent rapport, l’analyste écrit que l’exposition de l’épicier au secteur de la pharmacie grandira considérablement. Pami les risques potentiels, M. Sklar évoque une intervention fédérale visant à faire baisser le prix des médicaments génériques.

«Néanmoins, nous demeurons optimistes à l’égard des perspectives pour Metro, écrit M. Sklar. Le potentiel pour les pharmacies de distribuer du cannabis médical pourrait être un vecteur de croissance.»

Croissance et synergies

Bien qu’il soit convaincu que le regroupement de Metro et Jean Coutu sera synonyme de croissance, le dirigeant de l’épicier n’a pas voulu dire si cela se traduirait par une multiplication des pharmacies Jean Coutu en territoire ontarien.

«Nous pensons qu’il y aura des occasions pour nous, a dit M. La Flèche, en réponse à la question. Sous quelle forme, cela reste à voir. Nous ne sommes pas rendus à cette étape.»

Par ailleurs, la chaîne d’alimentation compte attendre au moins un an avant d’entamer le regroupement des activités des centres de distribution de sa filiale McMahon à Montréal et Québec, qui approvisionnent entre autres ses pharmacies Brunet.

Une fois que le centre de distribution de Jean Coutu situé à Varennes aura pris la relève, de 200 à 300 personnes pourraient perdre leur emploi chez McMahon.

«Il n’y a rien d’imminent, a toutefois tempéré M. La Flèche. Il y a une grosse année et plus devant nous avant de prendre cette décision. Il faut notamment mettre en commun certains systèmes. Ce n’est pas demain.»

Metro a dû consentir à se départir de 10 pharmacies, dont neuf Brunet, pour que l’acquisition de Jean Coutu obtienne l’aval du Bureau de la concurrence. Malgré tout, cette enseigne continuera d’exister, puisque ce réseau est complémentaire à celui de Jean Coutu, a estimé M. La Flèche.

Un portrait des pharmacies au Québec:

- Groupe Jean Coutu: 386

- Familiprix: 358

- Uniprix (propriété de McKesson Canada): 330

- Proxim (McKesson Canada): 250

- Brunet (Metro): 179

- Pharmaprix: 172