Le président de Développement économique Sept-Îles, Luc Dion, a présenté ses perspectives économiques devant les membres de la Chambre de commerce, mardi.

L'achat de Cliffs par Québec serait un plus pour l'économie de Sept-Îles

Sept-Îles pourrait gagner au change si Québec parvient à mettre la main sur les installations de Cliffs Natural Resources dans le secteur de Pointe-Noire.
Au coeur d'une restructuration légale qui doit connaître son dénouement en janvier, les actifs convoités par l'État québécois permettraient non seulement de désenclaver le Port de Sept-Îles, pierre angulaire du Plan Nord, mais faciliterait aussi le démarrage de projets miniers à l'heure où le prix du fer tarde à se redresser.
«Ce serait un tournant de notre développement économique», n'hésite pas à dire le président de Développement économique Sept-Îles (DÉSI), Luc Dion. «Du moment où (la propriété) appartiendrait à une société (publique), qui aurait comme objectif de favoriser le multiusage, l'approche ne serait plus la même.»
Le litige entre la minière et le Port a d'ailleurs abondamment fait la manchette à l'époque où Cliffs opérait toujours à Fermont et Sept-Îles. Les parties ne sont jamais arrivées à s'entendre sur l'utilisation d'une portion du chemin de fer Arnaud, appartenant à la société, le seul donnant accès au quai multiusager, construit pour 220 millions $.
«Quand c'est propriété unique d'une entreprise, toutes les décisions vont se prendre en fonction des affaires, la cohabitation devient difficile», explique-t-il. L'offre déposée par Investissement Québec vise l'acquisition des biens de Cliffs, de la Pointe-Noire au chemin de fer Arnaud, et les immenses terrains se rendant jusqu'à la route 138.
«Ça ferait toute la différence, ça deviendrait un beau terrain de jeu industriel», affirme M. Dion. La capacité d'entreposage est estimée à cinq millions de tonnes de minerai de fer, uniquement sur le site exploité par Cliffs. «Ça peut répondre aux besoins de plusieurs minières ou compagnies qui veulent s'installer à Sept-Îles».
«Tu n'as pas à développer un nouveau terrain, avec les contraintes environnementales et des sommes astronomiques à investir», poursuit M. Dion, qui y voit là dans gains intéressants pour les promoteurs dans le contexte difficile du marché. Les possibilités liées à l'utilisation de l'ancienne usine de bouletage sont également analysées par DÉSI.
Avantages pour Mine Arnaud
Voisine de la Pointe-Noire, Mine Arnaud, qui peine à trouver des partenaires financiers pour son projet minier d'apatite, tirerait aussi avantage de la création d'une société visant le «multiusage», estime M. Dion. La minière pourrait par exemple utiliser les silos d'entreposage à sec de Cliffs où même, ses infrastructures d'expédition, suppose-t-il.
L'arrivée d'un nouveau propriétaire permettra également à Mine Arnaud de reprendre ses discussions pour déplacer le tracé du chemin de fer Arnaud, qui traverse le site projeté de la mine, ce qui est «impossible de négocier» depuis que Cliffs a placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers ses actifs de la Pointe-Noire, en mai 2015.