Labeaume veut conserver la vocation hôtelière du Concorde

Régis Labeaume veut «tenter une dernière chance» pour trouver un acheteur qui gardera la vocation hôtelière du Concorde au lieu de le voir transformé en résidence pour personnes âgées.
<p>La semaine dernière, le propriétaire du Loews de la Grande Allée a accepté une offre du Groupe Savoie, propriétaire des Résidences Soleil, pour en faire 350 logements pour personnes âgées autonomes.</p>
«Ce qui nous importe est la vocation de la Grande Allée. Le Concorde est situé dans l'épicentre. Il y a un nightlife qu'il est important de maintenir», a lancé le maire de Québec lors de sa conférence de presse de la rentrée mardi à l'hôtel de ville.
Et il semble prendre ce dossier à coeur. «J'ai déjà fait des téléphones. Je lance un appel public», a-t-il poursuivi en disant vouloir «épuiser toutes les possibilités pour trouver un acheteur».
Mais M. Labeaume admet que la tâche ne sera pas facile. Surtout que le propriétaire new-yorkais de l'hôtel n'a pas trouvé d'acheteur pour garder cette vocation en plus de deux ans d'efforts. «Normalement, on ne devrait pas réussir, a même laissé tomber M. Labeaume, réaliste. Mais on veut essayer.»
Une tentative sans «obligation de résultats», dit-il.
Et sans promesse non plus pour les travailleurs de l'hôtel, qui fermera de toute façon le 12 février. «Je regrette pour les travailleurs, mais on ne se donne pas d'obligation pour le 12 février, a averti M. Labeaume. Oubliez ça. Je ne veux laisser aucun espoir, à moins qu'il y ait un miracle.»
Du «respect» pour Savoie
La semaine dernière, le propriétaire du Loews de la Grande Allée a signé une entente de principe avec le Groupe Savoie, propriétaire des Résidences Soleil, pour transformer l'hôtel inauguré en 1974 en 350 logements pour personnes âgées autonomes.
Mais que Groupe Savoie et Loews discutent n'empêche en rien de tenter une dernière chance pour dénicher un acheteur, selon M. Labeaume, qui rappelle que la Ville de Québec doit donner son feu vert à un changement de vocation de l'édifice. «Toutes les offres sont conditionnelles. Alors, je présume que c'est conditionnel au changement de zonage», a-t-il dit, laissant entendre qu'il pourrait imposer la vision qu'il privilégie si jamais un acheteur se présentait pour garder l'immeuble en hôtel.
Régis Labeaume a assuré à plusieurs reprises mardi que sa position n'est en rien une critique de Groupe Savoie et de son propriétaire, Eddy Savoie.
«On a beaucoup de respect pour cet investisseur. On veut très bien le traiter», a affirmé M. Labeaume, qui dit ne pas vouloir «embarquer dans un débat».
«On dit juste qu'on considère que si on a la chance de trouver un acheteur qui veut trouver la vocation hôtelière, c'est la meilleure chose qui peut arriver pour la Grande Allée.»
Le président du Groupe Savoie, Eddy Savoie, n'était pas disponible mardi pour commenter le dossier.
<p>Le maire Régis Labeaume a abordé plusieurs sujets, lors de sa conférence de presse de la rentrée mardi après-midi, à l'hôtel de ville de Québec.</p>
Labeaume dénonce le «mépris des aînés»
«Mépriser une certaine partie de la population, ce n'est vraiment pas une façon intelligente de faire avancer son dossier.» Régis Labeaume a dénoncé mardi les propos de certains commerçants opposés à la transformation du Concorde en résidence pour personnes âgées autonomes. La solution n'est pas de créer un «affrontement générationnel», a-t-il dit. Il assure que le fait qu'il souhaite voir le Concorde rester un hôtel n'est pas une critique de la population aînée. «Moi-même, j'ai 57 ans», a lancé le maire de Québec. La semaine dernière, des commerçants mettaient notamment en doute la compatibilité de cette clientèle avec les activités nocturnes de la Grande Allée. Dans le Soleil du 8 janvier, le copropriétaire du Maurice Nightclub, Philippe Desrosiers, a qualifié la situation de «carrément ridicule» et de «vraiment décevante». Le pdg du Château Laurier, Alain Girard, se demandait pour sa part comment pourront être conciliées ces deux réalités. 
Les travailleurs gardent espoir
Les quelque 230 travailleurs du Concorde n'ont pas encore lancé la serviette. Conscients toutefois que le temps presse d'ici la fermeture de l'établissement, prévue le 12 février, ils ont accueilli avec satisfaction les intentions du maire Régis Labeaume de trouver un acheteur qui conservera la vocation hôtelière du Concorde. «C'est très positif. Tout comme le maire, on croit que cet hôtel peut être relancé», a indiqué mardi le président du Syndicat des travailleurs du Concorde, Jacques Fortin. Selon ce dernier, les travailleurs sont même prêts à s'asseoir avec un nouvel acheteur, question d'éliminer les irritants menant à une relance rapide. «On croit que cet hôtel peut être rentable», a-t-il souligné.  
Avec Pierre Couture