Le nombre de transactions immobilières à travers tous les types de propriétés a aussi bondi.
Le nombre de transactions immobilières à travers tous les types de propriétés a aussi bondi.

La valeur des propriétés augmente encore dans la région de Québec: un marché de vendeur

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
La valeur des propriétés a encore augmenté dans la région de Québec lors du troisième trimestre de 2020. Selon l’Étude sur le prix des maisons de Royal LePage publiée mercredi, le prix de l’agrégat était de 7,3 % supérieur à ce qu’il était à la même période en 2019 et il atteignait 320 981 $. Des chiffres comparables à ceux compilés dans d’autres régions du Québec.

«C’est la rareté des propriétés qui provoque ce phénomène», a expliqué Mme Michèle Fournier, vice-présidente Royal LePage Inter-Québec. «On est en manque d’inventaires partout dans la région, mais aussi partout dans les grandes villes du Québec. Alors que dès qu’une maison est mise sur le marché à un prix correct, un prix bien établi, ce n’est pas rare que l’on tombe pratiquement aussitôt dans les offres multiples. C’est un beau problème pour les vendeurs qui peuvent obtenir plus pour leur propriété et un moins beau pour les acheteurs.»

Selon les chiffres présentés dans l’étude de la firme Royal LePage, le prix médian pour une maison à deux étages dans la région de la vieille capitale avait augmenté de 7,5 % depuis un an pour atteindre 383 548 $. Le prix des maisons de plain-pied avait progressé de 8,6 % pour se situer à 298 521 $. Quand au prix appartements en copropriété, il avait diminué de 3,4 % et il était de 233 231 $.

«Il y avait un surplus d’inventaire à ce niveau. Et il faut prévoir un certain temps avant qu’il ne se résorbe. À cela, il faut peut-être ajouter le fait que les gens désertent présentement les centres-ville pour aller en banlieue.»

Appelée à expliquer pourquoi en période de crise sanitaire le marché immobilier résidentiel roulait à plein régime alors qu’il aurait peut-être dû ralentir pour un second trimestre consécutif, Mme Fournier indique qu’à cause de toutes les questions que les gens se posaient concernant la durée de la crise, le temps pendant lequel ils ne pourraient pas voyager, etc. ils en sont venus à la conclusion de l’importance d’être installés confortablement. Être bien chez soi, avoir suffisamment d’espace, profiter d’une cour pour les enfants sont devenus des incontournables pour pouvoir demeurer confinés à la maison pendant quelque temps. Plusieurs ont décidé d’acheter une nouvelle maison. Et partout au Québec, les jeunes familles ne se sont jamais installées aussi loin en banlieue où les maisons sont moins chères.

«Il y a aussi les transferts. Il y a quand même de la mobilité entre les régions. Des gens qui, à cause de leur travail, n’ont pas le choix que de se relocaliser. Tout ce beau monde est en même temps à la recherche d’une maison. C’est du sport pour les courtiers immobiliers qui doivent travailler très très fort. Parce qu’il n’est pas rare qu’ils fassent deux ou trois offres d’achat avec des acheteurs avant de trouver une maison et de l’avoir. C’est un volume de travail énorme.»

Mme Michèle Fournier, vice-présidente Royal LePage Inter-Québec.

Il n’y a pas que la valeur des maisons et la demande immobilière qui aient augmenté dans la région de Québec au troisième trimestre. Le nombre de transactions immobilières à travers tous les types de propriétés a aussi bondi. Les ventes des maisons à deux étages ont grimpé de 62,9 %, celles des maisons de plain-pied ont augmenté de 38,5 % et celles des copropriétés ont connu une hausse de 62,5 % par rapport à 2019.

Comment régler le problème?

L’inventaire de maisons étant très bas, la solution pour freiner l’augmentation du prix des résidences ne serait-elle pas la construction de nouvelles maisons? Une telle initiative ne serait qu’une partie de la solution, analyse Mme Fournier. Selon ce qu’elle a remarqué sur le terrain, acheteurs et vendeurs se retrouvent rapidement chez le notaire afin de conclure leur transaction. Tout ça parce que les acheteurs ont besoin de leur nouvelle résidence rapidement. Ils veulent s’y installer immédiatement. Pas dans six ou huit mois, le délai qu’ils devraient attendre s’ils achetaient une maison n’étant pas encore construite. De plus, le bruit court que d’ici quelques mois, le coût des matériaux augmentera énormément ce qui aura nécessairement une incidence sur le prix des maisons neuves.

Selon Mme Fournier, tant et aussi longtemps que l’inventaire de propriétés demeurera à un bas niveau, le prix ces maisons continuera à augmenter. Et comme un inventaire prend un certain temps pour se renouveler, les vendeurs devraient être avantagés pendant encore quelques mois.

«Il y a peut-être un certain nombre de propriétaires qui attendent avant de mettre leur maison en vente parce qu’ils sont un petit peu craintifs par rapport à la pandémie. Ils veulent voir ce qui va se passer avant de prendre une décision. Je pense que si un vendeur décide de vendre maintenant, il fera vraiment une bonne affaire parce que le marché favorise vraiment le vendeur présentement. Et à moyen terme, il devrait continuer à le faire. Peut-être que l’on verra la situation changer quand les gens rentreront au bureau, que les restos rouvriront et que le monde aura plus d’appétit pour des activités et tout ça. Mais je pense que ça va se faire quand même de façon posée. Ça ne sera pas tout d’un coup.»