La valeur de l'or noir en baisse

NEW YORK - Les cours du pétrole ont terminé en nette baisse jeudi, affectés par les apparentes difficultés des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à trouver un compromis sur les modalités d'une baisse de leur production d'or noir.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a cédé 1,50 dollar ou 2,4% pour finir à 60,33 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de WTI pour janvier, la référence américaine, a perdu 1,40 dollar ou 2,6% pour terminer à 51,49 dollars.

Jeudi, tous les yeux étaient tournés vers la réunion plénière des membres de l'Opep, qui se tenait à Vienne.

Or les membres du cartel ont bouclé leur première journée de discussions sans parvenir, après plusieurs heures de négociations, à s'entendre sur les modalités d'une baisse de production.

Le ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Faleh, a créé la surprise en exprimant ses doutes sur la possibilité même d'un accord final alors qu'une nouvelle rencontre aura lieu vendredi.

Les prix des barils de brut, à New York comme à Londres, avaient plus tôt dans la journée perdu jusqu'à 5% quand M. al-Faleh avait affiché sa préférence pour une diminution d'un million de barils par jour pour l'Opep et ses partenaires.

C'est une baisse «plus faible que ce que le consensus estimait» a souligné David Madden, analyste pour CMC Markets.

D'autres grands producteurs de brut, en premier lieu la Russie, se joindront vendredi aux discussions du cartel.

«Nous espérons qu'un accord pourra être trouvé demain» a déclaré le ministre irakien du Pétrole Thamer al-Ghadbane.

Les interrogations autour de la décision finale de l'Opep éclipsaient en tout cas les autres événements du marché pétrolier, à commencer par un rapport de l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA).

Selon ce document, les stocks de pétrole brut ont chuté de 7,3 millions de barils aux États-Unis lors de la semaine achevée le 30 novembre malgré un maintien de la production à un niveau record et la stabilisation de la cadence des raffineries.

Mais les exportations, à 3,2 millions de barils par jour, ont bondi à un niveau jamais atteint auparavant et la demande de produits raffinés a progressé de 7,6% par rapport à l'an dernier.

«Dans son ensemble, avec cette forte baisse des stocks de brut et les signes d'une demande solide, le rapport était plutôt de nature à faire monter les cours», a relevé John Kilduff d'Again Capital. "Mais le marché est surtout concentré sur la réunion de l'Opep à Vienne", a-t-il observé.

Le rapport a par ailleurs montré que les États-Unis avaient la semaine dernière exporté plus de pétrole, brut et raffiné, qu'ils n'en avaient importé.

Même si selon plusieurs analystes interrogés par l'AFP cette situation ne devrait pas à court terme se reproduire tout de suite, elle conforte l'importance grandissante du pays sur le marché mondial.