Devant la concurrence des producteurs ontariens et mexicains, la présidente des Serres du St-Laurent, Marie Gosselin, insiste pour dire que «chaque demi-cent compte!»

La tomate Savoura fourbit ses armes

La bataille des Serres du St-Laurent pour que son produit vedette, la fameuse tomate Savoura, continue de frayer son chemin vers l'assiette des consommateurs ne s'arrêtera jamais. La concurrence provenant des producteurs ontariens et mexicains a fait dégringoler les prix du savoureux légume.
«Il faut continuellement trouver des moyens pour conserver notre avantage concurrentiel et pour réduire nos coûts de production dans l'espoir de réaliser des économies à gauche et à droite. Chaque demi-cent compte!» insiste la présidente de l'entreprise, Marie Gosselin.
Au cours des derniers mois, le producteur de tomates Savoura a mené une opération de consolidation de ses activités.
«Au fil des ans, nous avons acquis des unités de production un peu partout au Québec», explique Mme Gosselin en entrevue au Soleil. Jusqu'à tout récemment, l'entreprise Les Serres du St-Laurent possédait des installations à Danville (Estrie), à Sainte-Marthe (Montérégie), à Saint-Janvier (Laurentides), à Saint-Étienne-des-Grès (Mauricie) et évidemment à Portneuf, le berceau de l'entreprise.
Jeudi, Marie Gosselin annonçait la vente de la serre de deux hectares située à Sainte-Marthe. Quelques mois auparavant, Les Serres du St-Laurent s'était départie du terrain et de la serre qui lui appartenait à Saint-Janvier. La compagnie continue d'y faire pousser ses tomates, mais elle n'est plus la propriétaire des lieux.
«Notre objectif était de nous départir de nos installations les plus anciennes et les plus petites pour regrouper nos activités dans nos serres les plus grandes et les plus modernes et ainsi réduire nos coûts de transport et réaliser des économies d'échelle substantielles», explique Marie Gosselin.
Savoura, qui occupe plus de 60 % du marché québécois de la tomate de serre, compte donc maintenant trois grands sites de production à Portneuf, à Danville et à Saint-Étienne-des-Grès. Ses serres représentent une superficie totale de 14 hectares.
«Nous sommes maintenant prêts à poursuivre notre marche vers la conquête de nouveaux marchés, notamment ceux de l'Ontario et des États-Unis», affirme la présidente de l'entreprise qui fait travailler entre 250 et 300 personnes et qui produit pas moins de 100 tonnes de tomates par semaine.
Pour réussir à faire sa marque à l'extérieur du Québec, Savoura misera essentiellement sur des produits de niche, comme les tomates raisins ou les tomates sur vigne, pour lesquels l'entreprise portneuvoise s'affiche comme un précurseur.
Expérience mexicaine
Par ailleurs, Savoura a cessé ses opérations au Mexique. À la fin de 2010, la compagnie avait décidé d'aller s'implanter à Santiago de Queretarro dans l'espoir de desservir le marché sud des États-Unis, principalement la Floride et le Texas.
«Ce fut une mauvaise expérience», résume Marie Gosselin. «Notre locateur devait nous fournir de l'énergie et il a manqué à ses devoirs. Un bon soir de novembre, le gel s'est mis de la partie et il arriva ce qu'il devait arriver : nous avons perdu toute notre production. Nous avons alors décidé de fermer boutique et de rentrer à la maison.»