Les équipements de H2O Innovation en montre dans le nouveau centre de distribution de l'entreprise à Saint-Louis-du-Ha!-Ha!

La techno à la cabane à sucre

Vieillote et archaïque, l’industrie acéricole québécoise? Une entreprise de Québec contribue à rendre les bonnes vieilles «cabanes à sucre» plus technologiques.

H2O Innovation a remporté ses lettres de noblesse, ces dernières années, dans le domaine du traitement des eaux municipales et industrielles en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde. 

Société cotée à la Bourse de Toronto (TSX de croissance : HEO, 1,20 $), l’entreprise a affiché des revenus records au cours de son exercice financier 2017. Ils ont atteint 82,8 millions $. Un bond de 63 % par rapport à l’exercice financier précédent.

Dans la famille de H2O Innovation, une division d’affaires connaît un retentissant succès. Celle des équipements dédiés à l’acériculture.

«Cette division contribue entre 12 % et 16 % à notre chiffre d’affaires», fait remarquer au Soleil le président et chef de la direction de H2O Innovation, Frédéric Dugré. «La croissance de H2O Érablière se fait à pas de géant.»

Son réseau de distribution s’étend dans trois provinces canadiennes et dans une dizaine d’États américains, dont l’Ohio et le Wisconsin.

La fin de semaine derrière, la division d’affaires inaugurait une salle de montre et un centre de distribution à Saint-Louis-du-Ha! Ha! dans la région du Témiscouata. 

H2O Érablière possède un pied-à-terre dans la Beauce, à Ham-Nord dans le centre du Québec et au Vermont.

Pour Frédéric Dugré, il reste encore beaucoup de marchés géographiques à conquérir. 

Et beaucoup d’autres marchés agroalimentaires, dont celui du sirop de bouleau. Un produit particulièrement prisé par les Européens. Le sirop de bouleau est principalement produit en France ainsi qu’en Colombie-Britannique et en Alaska.

Le marché du sirop d’érable est en croissance. La demande est forte de la part des transformateurs à la recherche d’un produit à base de sucre naturel.

Filtration membranaire

Au fil des années, H2O Innovation a peaufiné sa technologie de la filtration membranaire pour traiter les eaux usées, notamment pour le dessalement de l’eau de mer.

L’entreprise a donc proposé aux acériculteurs d’adopter sa technologie pour accroître la concentration en sucre de la sève d’érable.

H2O Innovation a même fait breveter cette technologie appliquée à l’industrie des «cabanes à sucre.»

«En augmentant considérablement le taux de concentration de sucre, la quantité d’eau devant être évaporée est réduite de façon importante», explique Frédéric Dugré. 

«Le producteur n’a pas à faire bouillir son eau quatre ou cinq fois», ajoute-t-il. «Ce qui permet de diminuer significativement la consommation énergétique requise à l’évaporation. La dernière phase de production, qui devient une étape de cuisson du sirop, permet à l’acériculteur d’ajuster la couleur et le goût en fonction de ses préférences».

Selon M. Dugré, les acériculteurs peuvent maintenir la qualité de leurs produits et ainsi satisfaire les goûts des consommateurs. Cela leur permet aussi de respecter les critères établis par les acheteurs autorisés de sirop d’érable et les organismes de validation d’encadrement au Canada et aux États-Unis.

Fuites sous surveillance

Dans les érablières, les réseaux de tubulures ont remplacé les chaudières en fer blanc.

Or, il peut arriver qu’une branche d’un arbre s’abatte sur les tubulures et provoque une fuite ou un mauvais fonctionnement de la pompe qui aspire la sève.

H2O Érablière a mis au point un système de surveillance des fuites qui permet d’améliorer le rendement acéricole.

À partir de capteurs installés sur le terrain, ce système de surveillance enregistre et traite les données et transmet l’information pertinente en temps réel au producteur. Ce dernier prend alors connaissance de l’incident et peut ainsi intervenir rapidement pour corriger le problème.

Le système de surveillance propose également à l’acériculteur une kyrielle de données sur la performance de ses installations et sur la production de chacune des entailles de sa sucrerie. Il permet même de démarrer ou d’arrêter à distance le fonctionnement d’une pompe. 

«Plus rien n’est laissé au hasard dans une érablière», affirme M. Dugré. «Comme on dit, l’argent est dans la forêt! S’il y a un bon travail qui est fait dans la forêt pour faire circuler efficacement la sève et, au besoin, pour gérer les fuites, l’acériculteur y trouve son compte.»