Alain Brunet, le pdg de la Société québécoise du cannabis, a souligné qu’il souhaitait prendre son temps afin de mieux connaître les directives du gouvernement de François Legault avant de se lancer dans la multiplication des succursales de la SQDC. Il veut ainsi éviter des «dépenses inutiles».

La SQDC gèle ses projets d’expansion

En raison de l’arrivée du nouveau gouvernement, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a choisi de mettre sur la glace son projet de déploiement de ses succursales.

En entrevue avec Le Soleil, jeudi, le pdg Alain Brunet a souligné qu’il souhaitait prendre son temps afin de mieux connaître les directives du gouvernement de François Legault. Il veut ainsi éviter des «dépenses inutiles».

L’objectif de la SQDC était de posséder un réseau d’au moins une vingtaine de succursales d’ici la fin du mois de novembre. Douze points de vente ouvriront leurs portes comme prévu la semaine prochaine.

«Les employés sont déjà là. Nous avons les équipements, notre système informatique est prêt. Nous réalisons présentement des tests», avance le patron de la Société des alcools du Québec, l’organisation qui chapeaute le chantier.

Au cours des dernières semaines, la Coalition avenir Québec (CAQ) assurait aux médias qu’elle allait tenir sa promesse électorale de ne pas avoir de points de vente à proximité des établissements scolaires.

La succursale de Sainte-Foy se retrouve justement à proximité de ce genre d’établissements. Pour l’instant, le magasin devrait ouvrir ses portes. Une quinzaine d’employés ont été embauchés et formés.

Il faut dire que le choix de ce site inquiétait plusieurs organisations, dont la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

«Avec le gouvernement qui a l’intention de faire des modifications législatives, nous voulons voir comment il va se positionner avant de trop travailler sur les prochains magasins. Nous allons prendre un moment avant de relancer la construction des autres points de vente», avance M. Brunet.

Ce dernier précise qu’avant de redémarrer un chantier, il veut notamment savoir si Québec prévoit revoir les distances légales entre une succursale de la SQDC et un établissement scolaire. Ce que la CAQ a laissé entendre à plusieurs reprises au cours des derniers mois.

Réglementation

Actuellement, les boutiques, qui auront pignon sur rue, doivent être éloignées d’un minimum de 250 mètres (150 mètres pour la Ville de Montréal) des établissements primaires et secondaires et des centres de la petite enfance.

Par contre, il n’y a aucune indication dans la loi pour les cégeps et les universités.

«On veut voir un peu plus clair avant de mettre trop d’investissements dans les magasins. Si on ajoute dans la loi les cégeps et les universités, il va peut-être avoir des établissements à revoir. Si nous avons avancé les travaux, ce sont des coûts inutiles», note M. Brunet, assurant que son organisation est prête pour la semaine prochaine.

Advenant la fermeture d’un point de vente comme à Sainte-Foy, la direction de la SQDC pourrait être contrainte de payer des pénalités financières, selon la durée du bail qui a été signé.

Pour l’heure, le pdg préfère ne pas trop s’avancer sur la durée que ces projets de développement pourraient être sur la glace. Il ne pense pas qu’il faudra attendre jusqu’en 2019 avant de pouvoir ressortir les marteaux. Il espère même faire d’autres annonces au cours des prochaines semaines.

«Le délai va varier en fonction des indications que je vais avoir», souligne M. Brunet. «Ce n’est pas catastrophique. Nous sommes prudents pour une question de coûts».

Du côté de Montréal, le magasin situé au métro Berri-UQAM pourrait aussi être forcé de déménager s’il y a une modification à la loi. La situation est similaire pour la succursale de Joliette.

Par ailleurs, la CAQ a promis de faire passer l’âge minimal pour consommer du cannabis récréatif à 21 ans. Les troupes de François Legault souhaitent aussi interdire la consommation du cannabis dans les lieux publics sur tout le territoire du Québec et revoir à la baisse la limite de possession individuelle. Elle est fixée présentement à 30 grammes dans les lieux publics.