Une étude révèle qu'il faudrait investir 107 millions $ au cours des quatre ou cinq prochaines années pour assurer le bon état de l'axe Matapédia-Gaspé.

La Société du chemin de fer de la Gaspésie toujours en attente de financement

Près de quatre mois après les élections québécoises, la Société du chemin de fer de la Gaspésie attend toujours des nouvelles du gouvernement du Québec, au sujet des sommes qui lui seront octroyées en 2014 pour la réfection d'une partie de son réseau.
Le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG), Éric Dubé, espère maintenant recevoir de bonnes nouvelles vers la fin d'août. À ce moment toutefois, quatre mois favorables aux travaux de réfection auront passé, sans compter qu'il faudra attendre quelques semaines de plus pour le processus d'appel d'offres.
En attendant, la SCFG a modifié sa demande de financement, en établissant un ordre de priorité basé sur les clients existants et les clients à venir présentant le meilleur potentiel de trafic dans un proche avenir. L'augmentation de la capacité portante des ponts y est centrale.
La direction du transporteur a déposé lundi un plan de 35 millions $ pour deux ans, même si ses besoins pour les cinq prochaines années s'établissent à 107 millions $. M. Dubé ne lance pas la pierre au gouvernement québécois parce que «nous avions aussi des devoirs à faire», dit-il.
«Selon le plan de 35 millions $, nous pourrions même desservir LM Wind Power à Gaspé, parce que les wagons de pales ne sont pas lourds», note-t-il.
Retour de VIA Rail «au plus vite»
«Les travaux à venir viseront à assurer le service à nos principaux clients, Temrex [une scierie de Nouvelle], Rail GD [un réparateur de matériel ferroviaire à New Richmond], Fabrication Delta [un fabricant des tours éoliennes à New Richmond] et les expéditeurs de grain de Caplan. Nous voulons que VIA Rail revienne au plus vite, et nous visons la cimenterie de Port-Daniel et Scierie Saint-Elzéar comme nouveaux clients», dit M. Dubé. 
La SCFG fonctionne depuis la fin de juin avec des moyens financiers limités. Elle a épuisé les 27 millions $ dévolus lors des budgets de 2012 et de 2013 par l'État québécois. L'essentiel du montant a été consacré à la réfection de ponts, nombreux sur les 202 milles de voie ferrée entre Matapédia et Gaspé.
Depuis 11 mois, VIA Rail ne dessert plus la Gaspésie, et sa direction indique que la société publique reviendra quand le tronçon sera sécuritaire et que la SCFG aura les moyens de l'exploiter à long terme. Entre décembre 2011 et août 2013, VIA Rail n'avait assuré que le lien Matapédia-New Carlisle, sur la moitié du réseau.
Le train touristique Amiral, exploité par la SCFG, roule toutefois partout sur le réseau, avec du matériel pesant sensiblement la même chose que les locomotives ou les voitures de VIA Rail.
Cet hiver, une étude a révélé qu'il faudrait investir 107 millions $ au cours des quatre à cinq prochaines années pour assurer le bon état de l'axe Matapédia-Gaspé au cours du prochain quart de siècle.
Le ministre régional Jean D'Amour est venu en mai, notamment pour rencontrer la direction de la SCFG. Il souhaite que le gouvernement fédéral participe à la réfection du chemin de fer gaspésien, et il n'a pas garanti fermement que son gouvernement s'engagerait financièrement dans ce moyen de transport.