Alyson Tremblay Racine et son conjoint et associé, Maxim Bolduc, entourés de leurs enfants, Léandre, Rose et Victoria. Dans le local de l’avenue Proulx prendra bientôt vie La salle de jeux, un lounge parental et de coworking familial.

La Salle de jeux: répit parental et coworking familial

Les parents de jeunes enfants savent qu’il est difficile — pour ne pas dire impossible — de travailler efficacement à la maison quand les petits nous tournent autour. Ceux qui ont besoin d’un petit répit pourront bientôt aller à La salle de jeux pour travailler, étudier ou se changer les idées pendant que leurs rejetons seront entre bonnes mains.

Alyson Tremblay Racine arrive à l’entrevue avec Léandre, six mois, et sa sœur, qui s’occupera du gentil poupon. La propriétaire de la boutique d’articles pour bébés Rosalice a toujours ses enfants avec elle, même quand elle s’occupe du magasin, qui était jusqu’à tout récemment dans le centre commercial Fleur de Lys (lire l’encadré). C’était l’une des raisons pourquoi elle voulait avoir son commerce : pouvoir être avec ses petits. Léandre gigote et chigne un peu. Elle l’allaite en continuant à discuter.

On comprend à l’entendre que les familles — la sienne au premier chef — sont au centre de sa démarche entrepreneuriale. Elle explique qu’elle avait besoin de temps pour gérer certaines tâches de son entreprise, mais qu’avec les enfants toujours présents, ça devenait parfois un casse-tête.

Avec son conjoint, ils commençaient à songer à inscrire les petits à la garderie quelques jours par semaine, mais c’était un non-sens : c’est pour les voir qu’elle avait voulu avoir son entreprise. Donc pas question que le succès de celle-ci l’éloigne de son objectif.

Un jour, alors qu’elle était partie avec la marmaille dans les jeux au McDo pour pouvoir envoyer quelques courriels en paix, elle s’est dit qu’il devait bien y avoir une meilleure option. Elle s’est mise à chercher des endroits où elle pourrait travailler ou juste se changer les idées. Certaines mamans qui visitaient la boutique lui faisaient aussi part de ce besoin. Il y avait bien des cafés ouverts aux familles (kids’ friendly) ou des halte-garderie, mais rien entre les deux.

Dans les restos ou centres de jeux, il faut encore surveiller ses enfants et les sorties finissent par coûter cher. Dans une halte-garderie, il faut plutôt les confier à des gens qu’on ne connaît pas, dit-elle, ce qu’elle n’était pas prête à faire.

Concept novateur
La femme d’affaires a donc élaboré son propre concept. La salle de jeu — Lounge parental et coworking familial, ouvrira ses portes au début du mois de juin, le 1er si tout se passe bien.

Les jeunes de 2 à 7 ans pourront jouer dans un module en bois comme celui-ci.

Et elle a eu beau chercher, elle ne connaît rien qui ressemble à ce qu’elle veut faire dans une ancienne pharmacie à l'angle de la rue Chabot et de l'avenue Proulx, dans Vanier.

Les parents seront dans la même pièce que leurs enfants, qui sera scindée par un mur bas. Certains secteurs seront moins visibles, plus isolés, selon les tâches et le besoin de tranquillité des parents. Il y aura la possibilité d’utiliser un bureau fermé et insonorisé pour travailler ou organiser une rencontre par exemple.

Les jeunes de 2 à 7 ans s’amuseront dans un gros module en bois, semblable à ceux que l’on voit dans des parcs extérieurs. Il y aura aussi des bacs thématiques (musique, costumes, etc.), une table avec des trains, une section cuisine. Les tout-petits ne seront pas en reste avec un module de motricité. Pour les poupons, les parents auront accès à des tapis d’éveil, des chaises hautes et des lits de co-dodo.

Mais le plus grand avantage vient du fait que les parents n’auront pas à gérer Juniorette qui pousse un ami ou à s’assurer que Junior ne grimpe pas trop haut. Un ou des adultes formés en animation seront présents pour les superviser. On ne mise pas sur des activités organisées toutefois, les enfants sont invités à jouer entre eux et par eux-mêmes, mais avec le coup de pouce d’un adulte au besoin.

Grosses familles
L’entreprise proposera des blocs de quatre heures, en avant-midi et en après-midi, sept jours sur sept. Il en coûtera 15 $ pour un adulte et un enfant de plus de 9 mois. Il faudra débourser 2 $ supplémentaires pour chaque enfant. C'est gratuit pour les bébés de 0 à 9 mois.

L’idée c’était que c'était que ça coût environ 20 $ pour une famille de quatre enfants, précise Mme Tremblay Racine. «On voulait prioriser les grosses familles.» En effet, ce sont elles qui ont le moins les moyens de prendre du répit, mais pourtant ce sont elles qui en ont le plus besoin, dit-elle.

Une cuisine au sous-sol permettra aussi aux familles d’apporter leurs lunchs ou des collations. Une façon de garder la sortie abordable. L’offre de services est malléable et s’adaptera aux demandes. Il est prévu qu’une esthéticienne et une massothérapeute offriront à l’occasion des plages horaires.

Tout au long de la discussion, on voit que l’entrepreneure a à cœur le bien-être des parents. On croirait parfois qu’elle a manqué sa vocation! Elle aurait pu être travailleuse sociale. Elle a distribué des billets gratuits pour des parents défavorisés ou immigrants. Elle veut embaucher quelques employés avec des limitations. Elle veut que La salle de jeux soit un lieu de rencontres, d’aide et d’entraide. Avec la boutique, les confidences étaient déjà fréquentes. Elle espère maintenant pouvoir mieux les aider...

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LA BOUTIQUE ROSALICE DÉMÉNAGE

La boutique Rosalice, qui occupait un local au centre commercial Fleur de Lys, déménage sous le même toit que La salle de jeux. L’entrepreneure Alyson Tremblay Racine explique qu’il sera plus facile pour elle de travailler et de gérer les deux endroits. La femme d’affaires fait valoir que les coûts pour rester dans l’ancien local étaient devenus trop importants par rapport aux ventes en boutique. C’est maintenant près de 90 % de son chiffre d’affaires qui est en ligne. Le commerce sur le Web lui permet de miser sur ce qui fait la force de sa boutique, croit-elle: trouver des innovations pour les parents avant qu’elles soient disponibles dans les grands magasins.