Stéphane Garneau, propriétaire du fournisseur informatique Micro Logic.

La renaissance de Micro Logic

En 2010, les jours étaient comptés pour Micro Logic. Le fournisseur informatique de Québec était sous respirateur artificiel. Aujourd’hui, il a franchi, pour la première fois, le cap des 100 millions $ de chiffre d’affaires. Plus précisément, au 13 avril, il était rendu à 110 millions $.

Il y a huit ans, Micro Logic était en faillite technique avec environ 7 millions $ de chiffres d’affaires. La compagnie servait de gagne-pain à une vingtaine de travailleurs. La direction cherchait de nouveaux propriétaires.

C’est à ce moment que Stéphane Garneau, âgé de 37 ans, s’est pointé le bout du nez. Il voyait un potentiel dans le commerce et une occasion d’affaires. Il savait qu’il faudrait beaucoup d’huile de coude pour redresser le navire et pour retrouver la santé financière. Pas de problème!

Surtout que son métier consistait justement à redresser des entreprises en difficultés financières dans le domaine des technologies de l’information.

Là, par contre, c’était à son propre compte. Le défi était personnel.

«On fête, cette année, notre 35e anniversaire. Nous arrivons à 100 millions $ de chiffre d’affaires. Au départ, je m’étais fixé comme objectif 2020 pour atteindre ce plateau. C’est vraiment une fierté», fait valoir au Soleil M. Garneau, qui vise maintenant les 200 millions $ d’ici 5 ans.

«En 2010, c’était un commerce de proximité. J’ai ajouté le volet commercial et corporatif. J’ai aussi fait grandir l’entreprise sur le territoire. Nous avons aujourd’hui près de 150 employés», poursuit-il.

14 bureaux

Au Québec, Micro Logic détient 14 bureaux, dont un à Montréal et un à Québec. La compagnie compte plus 2000 clients, notamment dans le domaine de l’assurance. Mais motus et bouche cousue sur leur identité, et ce, pour une question de sécurité.

Dans son carnet de commandes, on retrouve également certains ministères du gouvernement provincial.

Située au 2786, chemin Ste-Foy, à Québec, la firme brasse des affaires dans deux secteurs de l’informatique. Elle vend à des particuliers et aux compagnies de l’équipement, comme des serveurs et des ordinateurs. C’est d’ailleurs environ 60 000 ordinateurs par année qui trouvent preneur. Et elle a également sa division pour son projet Cirrus.

Cirrus?

«C’est notre propre cloud», note M. Garneau, dont la facture pour la mise en service et le maintien des activités a atteint 4 millions $. «Il s’agit d’un infonuagique 100 % québécois. [...] Cela fait que les entreprises n’ont plus besoin d’acheter des serveurs internes. La majorité des grosses compagnies du Québec font leur backup sur notre cloud ou ils déposent leurs serveurs au complet», poursuit-il.

Selon les données de l’année financière 2017-2018, Cirrus compte plus de 1000 clients. Cette jeune division est sur pied que depuis quatre ans.

«C’est énorme, ce sont des revenus récurrents pour nous», explique M. Garneau. «Cela vient compléter notre offre de serveurs. Au lieu d’aller sur des Google ou Amazon, là, les clients peuvent continuer de faire des affaires avec nous et de demeurer au Québec», poursuit le grand patron.

Montréal

Afin d’augmenter sa présence à travers la province, Micro Logic a injecté 2 millions $, l’an dernier, pour ouvrir des bureaux à Montréal. Une vingtaine de personnes ont été embauchées. Depuis, le bureau est en croissance.

«Déjà, nos installations de Montréal rentrent dans leurs frais. Cela va très vite. On pense avoir d’ici quatre ans un autre 100 millions $ de chiffre d’affaires», explique le propriétaire, qui n’a pas l’intention de s’asseoir sur son succès.

Au cours des prochaines années, via son projet Cirrus, Micro Logic a l’intention d’étendre ses tentacules partout à travers le Canada. Déjà des compagnies de la Ville-Reine ont cogné aux portes de la firme. Et des clients d’Ottawa ont signé des contrats.

«Nous allons aussi ouvrir des bureaux d’ici deux ans à Toronto», avance M. Garneau.

Cette expansion se réalisera pour le moment qu’en sol canadien. L’homme d’affaires n’écarte toutefois pas un jour de mettre les pieds au pays de Donald Trump.

Main-d’œuvre

Comme autre nouveau produit, Micro Logic offre depuis peu un service de placement de ressources. Une compagnie recherchant pour une courte ou longue période des travailleurs spécialisés dans le domaine des technologies de l’information peut faire appel à la firme pour dénicher des cerveaux.

«C’est un besoin de nos clients. C’est notre nouvelle division. Par exemple, si une personne quitte pour un congé de maternité, l’entreprise va pouvoir nous contacter et nous allons trouver un employé pour combler la période de remplacement», explique-t-il.

Dernièrement, Micro Logic a signé un contrat avec le gouvernement provincial pour fournir une soixantaine de ressources en informatique. Cette nouvelle entité est disponible pour tous les secteurs d’activités.

«Avec cette nouvelle division, on prévoit atteindre les 300 travailleurs d’ici la fin de l’année 2018. Il y a vraiment une demande en raison de la pénurie de main-d’œuvre dans la province», dit M. Garneau, d’avis que pour garder ses employés, il faut offrir de bons salaires et de bonnes conditions de travail.

Le propriétaire de Micro Logic, Stéphane Garneau, possède une érablière à Beaumont.

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Du sirop pour aider son prochain

«Selon moi, les entreprises du Québec devraient comprendre davantage l’importante de l’implication sociale!»

Pour le propriétaire de Micro Logic, Stéphane Garneau, il est primordial que les hommes et les femmes d’affaires investissent une partie de leur cachet ou des recettes de leur entreprise dans leur communauté. D’où l’expression «donnez au suivant».

Au niveau social, depuis 2017, et ce, jusqu’en 2021, Micro Logic investira 25 000 $ annuellement dans le club des petits déjeuners.

L’an dernier, la compagnie a aussi acheté pour le CHU de Québec un scanneur pour les poupons. La facture a grimpé à 75 000 $.

Pour 2018, son entreprise prévoit injecter le même montant pour une table d’opération. «Nous prenons un projet chaque année. C’est important pour nous», note M. Garneau.

Depuis huit ans, le grand patron de la firme informatique gère également une petite érablière à Beaumont.

Pour la première fois, le fruit des récoltes sera donné à des œuvres de bienfaisance pour appuyer leurs financements. Il a récemment obtenu le feu vert de la Fédération des producteurs acéricole du Québec pour réaliser son projet.

«C’est 100 % de notre production de sirop que nous allons remettre à des organismes, des fondations ou des banques alimentaires», explique-t-il.

Cette initiative pourra rapporter entre 50 000 $ et 60 000 $. Plusieurs cannes seront entre autres remises à la fondation du CHU.

100 000 $

Afin de pouvoir produire à plus grande échelle, M. Garneau a déboursé depuis cet été 150 000 $ pour moderniser son établissement. Il possède 4000 entailles.

«Je viens de la basse-ville de Québec. J’ai été élevé dans une habitation à loyer modique sur la rue du Roi», raconte M. Garneau. «Je n’ai pas eu excessivement de chances dans ma jeunesse, c’est pourquoi je passe près de la moitié de mon temps à donner au suivant», poursuit-il.

Cette fin de semaine, il passera d’ailleurs son samedi au Patro Laval de Québec avec 120 jeunes. Son entreprise paiera la facture pour l’ensemble de l’événement qui comprendra notamment le repas traditionnel d’une érablière.

En chiffres

100
Millions de dollars de chiffre d’affaires

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14
bureaux, dont un à Québec et un à Montréal

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150
employés, dont 120 à Québec