Par rapport à 2012, la rémunération horaire des travailleurs québécois n'a augmenté que de 1,5 %.

La rémunération des Québécois sur les freins

En 2013, la rémunération horaire des travailleurs québécois s'établissait à 22,52 $. Elle était plus élevée chez les hommes (23,95 $) que chez les femmes (21,04 $).
Par rapport à 2012, la rémunération horaire des travailleurs québécois n'a augmenté que de 1,5 %. Il s'agit, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), de la plus faible augmentation enregistrée au cours de la dernière décennie. Entre 2003 et 2012, la variation annuelle tournait aux alentours de 1,6 % et 3,8 %. Généralement, elle dépassait 2,4 %.
L'écart entre la rémunération horaire des syndiqués (25,23 $) et celle des non-syndiqués (20,75 $) demeure tenace, mais l'ISQ note que la rémunération horaire de ces derniers avait connu une croissance supérieure (11,9 %) à celle des syndiqués (6,4 %) au cours de la dernière année.
Tels sont quelques-uns des constats faits par l'ISQ qui a publié, dimanche, l'Annuaire québécois des statistiques du travail qui présente un portrait des principaux indicateurs du marché et des conditions de travail au Québec entre 2003 et 2013.
On y apprend, entre autres, que le nombre d'heures hebdomadaires habituelles de travail des Québécois avait très peu varié au cours des 10 dernières années, passant de 34,6 heures (2003) à 34,3 heures (2013). Les 25-44 ans et les 45-54 ans sont les travailleurs qui présentent la durée du travail hebdomadaire habituelle la plus longue avec des semaines de 36,2 et 36,3 heures respectivement.
Selon l'ISQ, il y avait, en 2013, 6,6 millions de personnes au sein de la population en âge de travailler au Québec, une augmentation de 0,8 % par rapport à 2012. La population active, elle, s'établissait à 4,3 millions de personnes et affichait une croissance de 1 %.
Signe évident que le Québec grisonne, le nombre de travailleurs actifs de 55 ans et plus s'est accru de 7,9 % en 2013. Une hausse supérieure à celle enregistrée chez les 25-44 ans (0,6 %).
Autre signe que le Québec se fait vieux : le nombre de travailleurs dit «inactifs» monte en flèche. Entre 2003 et 2013, 271 200 individus ont gonflé les rangs des personnes inactives.
«Depuis 2004, le nombre de personnes inactives tend à augmenter et il atteint 2,3 millions en 2013. Il s'agit d'une hausse de 0,4 % par rapport à 2012. Cette situation s'explique, du moins en partie, par le fait que la population du Québec, comme celle de la plupart des pays industrialisés, est vieillissante, ainsi que par l'arrivée progressive des baby-boomers à l'âge de la retraite.»
Quatre millions de personnes en emploi
L'Annuaire québécois des statistiques du travail reprend une donnée déjà publiée par l'ISQ et qui a provoqué plusieurs séances de crêpage de chignon entre les chefs politiques au cours de la présente campagne électorale.
Selon l'ISQ, le Québec, en 2013, comptait en moyenne 4 032 000 personnes en emploi, soit 47 800 de plus qu'en 2012.
C'est sur ce chiffre de 47 800 que Pauline Marois et Philippe Couillard ne s'entendent pas. Selon le Parti libéral du Québec (PLQ), l'ISQ compare la moyenne de 2013 à celle de 2012. Une méthode de calcul qui, selon eux, ne tient pas compte du phénomène de la progression de l'emploi de janvier à décembre. Or, selon le PLQ, il faudrait plutôt parler de la perte de 66 000 emplois en 2013.
Faisant fi des chicanes entre les politiciens, l'ISQ garde le cap.
«Il s'agit d'une quatrième hausse annuelle de suite et de la première fois où le sommet des quatre millions de personnes en emploi est atteint», avance l'organisme gouvernemental en soulignant que les gains se répartissaient entre le régime à temps plein (+ 27 500) et celui à temps partiel (+ 20 300) et se concentrait dans le secteur privé (+ 52 000). «Les personnes de 55 ans et plus [+ 25 600], les titulaires d'un diplôme d'études secondaires [+ 34 200] ainsi que les personnes ayant fait des études postsecondaires [+ 21 700] affichent les gains d'emplois les plus élevés en 2013.»
En ce qui a trait au nombre de chômeurs, l'ISQ note que l'on en comptait 3000 de moins en 2003 qu'en 2012. Le taux de chômage affichait 7,6 % en 2013.
Toutefois, le séjour des chômeurs sur la ligne de touche est un peu plus long. En effet, la durée moyenne du chômage s'établissait à 24,1 semaines en 2013, soit une augmentation de 1,9 semaine par rapport à 2012. Et contrairement à 2012, le nombre de personnes ayant été au chômage pendant 27 semaines et plus a augmenté l'an dernier.
Pour consulter l'Annuaire québécois des statistiques du travail, il suffit de se rendre à goo.gl/DNJ475  
Avec La Presse Canadienne