Serge Godin, fondateur et président exécutif du conseil de CGI, a expliqué comment la firme de services-conseils tire son épingle du jeu à l’international, lors du déjeuner des chefs d’entreprise du Carnaval.

La recette CGI

Le nombre d’experts en technologie de l’information devrait doubler d’ici 10 ans, selon Serge Godin, le fondateur et président exécutif du conseil de CGI. Et si la grande majorité des organisations voient la révolution numérique en branle comme une priorité, toutes n’ont pas un plan pour s’y adapter et y survivre. Un terreau fertile pour permettre à la firme de services-conseils de continuer à croître.

«Le sujet de l’heure, c’est vraiment la révolution numérique. Lorsque vous interviewez des gens partout à travers le monde, c’est incroyable tous les investissements qui se font, mais vraiment partout.

«Il y a des entreprises évidemment qui vont bénéficier de ça, mais il y a plusieurs entreprises qui ne passeront pas la rampe», a affirmé M. Godin lors du dîner des chefs d’entreprises du Carnaval.

L’homme d’affaires est venu livrer sa recette pour réussir à l’international devant quelque 400 convives. L’entreprise, qui a vu le jour dans le sous-sol de sa résidence en 1976, compte maintenant 72 500 professionnels établis dans 40 pays et a une valeur boursière de 20 milliards $. Au Québec, CGI emploie 6500 personnes, dont 900 à Québec et 4500 dans la métropole.

Faire de grandes entrevues avec les clients pour cibler les tendances, recruter les meilleurs employés et en faire des actionnaires pour mieux les garder, comparer entre elles la performance des unités de l’entreprise et conserver une réputation impeccable : c’est en substance les ingrédients du succès de CGI.

Tendances

Si CGI peut dresser un portrait assez juste des priorités et des tendances de ses clients, c’est qu’elle se fait un devoir de les sonder. L’an dernier, quelque 1300 grandes entrevues ont été faites, dont plusieurs avec les hauts dirigeants des entreprises, a expliqué M. Godin. Ces informations colligées permettent de concevoir une sorte de baromètre de tendances et de priorités, que la firme partage ensuite avec ses clients. Un exercice très apprécié, dit-il. «Nous sommes les seuls au monde à avoir ce genre de vigie-là. […] Cette relation avec nos clients est très, très forte. C’est vraiment l’ancrage de CGI.»

Recruter et garder les meilleurs

Le recrutement est un défi de taille. «Pour un réseau comme nous, c’est de s’assurer qu’on va toujours motiver et retenir nos gens», fait valoir M. Godin. L’entreprise offre donc de la formation continue et crée des partenariats avec les établissements d’enseignement. Elle mise aussi sur le référencement par ses travailleurs.

M. Godin se targue d’ailleurs d’avoir le taux de roulement le plus faible de l’industrie. «L’élément le plus structurant pour garder les gens, c’est de les avoir rendus actionnaires», croit-il. Quelque 80 % des employés ont des actions de la société. Pour chaque dollar investi par le professionnel, CGI en met un autre. Le simple employé devenu actionnaire a d’autant plus à cœur le succès de l’entreprise.

Performance et réputation

Pour favoriser l’excellence de ses opérations, CGI mesure plusieurs indicateurs de performance pour comparer ses différents bureaux entre eux. Plus facile de voir quelles unités roulent bien et celles pour lesquelles des améliorations sont nécessaires.

Comme sa réputation, bâtie sur ses mandats précédents, est sa meilleure carte de visite pour obtenir de nouveaux contrats, l’entreprise protège sa marque. «À l’ère d’Internet et des médias sociaux, il n’y a rien de plus dommageable pour une société de services-conseils que de voir son nom se promener pour un désastre à quelque part», a noté M. Godin. La société ne fait d’ailleurs aucune contribution ou association politique.

Dans sa conclusion, Serge Godin a toutefois interpellé le gouvernement provincial. «Le gouvernement du Québec a vraiment été un incubateur pour CGI. Comment? En donnant des contrats et en nous donnant des responsabilités claires de livrer des systèmes bien définis.» Mais M. Godin a expliqué qu’il était dorénavant difficile pour les petites entreprises de soumissionner, en raison des importantes pénalités s’il y a des délais. «Il faut vraiment simplifier», a-t-il soutenu, tout en disant comprendre pourquoi ces règles ont été instaurées.

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RECRUTEMENT INTENSIF À QUÉBEC

Les prochaines années seront fastes pour les travailleurs des technologies de l’information de la capitale. «La demande est en grande croissance et nous sommes en recrutement intensif pour réussir à combler l’ensemble des demandes de nos clients», confirme Chantal Buteau, la vice-présidente principale des opérations de CGI à Québec. Institutions gouvernementales et entreprises privées cherchent des professionnels pour les aider à réaliser leur transformation numérique, dit-elle.

Les stratégies se multiplient pour dénicher de bons candidats dans la ville, la province, le pays et ailleurs dans le monde. L’entreprise a aussi conclu des alliances avec les établissements d’enseignement. Difficile toutefois pour Mme Buteau de chiffrer le nombre d’embauches cette année.