Jérôme Landry est copropriétaire de l’enseigne La P’tite Grenouille, qui fait travailler près de 350 personnes à travers la province. La compagnie réalise un chiffre d’affaires d’environ 12 millions $.

La P’tite Grenouille lorgne la Grande Allée... et Toronto

La boîte à chansons québécoise La P’tite Grenouille lorgne la Grande Allée et... le centre-ville de Toronto, a appris Le Soleil.

L’entreprise, qui a vu le jour à Sainte-Foy en 2005, prévoit maintenant faire un premier petit à l’extérieur de la province en 2018, soit chez nos voisins ontariens. Pour un établissement en haute ville de Québec, des pourparlers sont en cours.

Quatorze succursales accueillent déjà des oiseaux de nuit, dont deux dans la capitale nationale. Au cours des 12 prochains mois, dans le plan stratégique des actionnaires figure l’ouverture de six nouvelles boîtes à chansons, entre autres à Drummondville, sur l’île de Montréal (deuxième succursale) et à Mirabel. Les investissements pourraient atteindre près de 2 millions $, avance la direction.

«Nous sommes en expansion. Il y a une forte demande pour notre concept. [...] Le fait qu’on vise une clientèle plus jeune nous permet de nous démarquer dans notre marché», indique Jérôme Landry, copropriétaire de l’enseigne La P’tite Grenouille. Le principal actionnaire étant le Groupe Blanchette qui a lancé la chaîne Thaïzone, avant de la vendre au Groupe MTY, et qui détient des parts dans le Shaker Cuisine & Mixologie et Chocolato.

La famille La P’tite Grenouille, c’est aujourd’hui près de 350 travailleurs à travers la province. La compagnie réalise un chiffre d’affaires d’environ 12 millions $. Pour 2017, trois succursales auront ouvert leurs portes, soit à Laval, à Saint-Georges et à Mont-Laurier.

La semaine dernière, on apprenait la fermeture sur Grande Allée du Maurice Nightclub après 23 ans d’activité, alors que le mythique Dagobert est ouvert actuellement que deux jours par semaine. Une opportunité pour La P’tite Grenouille?

«Lorsque nous avons choisi de fermer la succursale de Charlesbourg au mois d’avril dernier, le plan était de déménager sur la Grande Allée ou sur la rue Saint-Jean. [...] On veut vraiment se positionner dans le Vieux-Québec, mais il faut avoir le bon prix», indique l’homme d’affaires, concédant avoir «vérifié plusieurs locaux» en haute ville. C’est notamment en raison d’une baisse de l’achalandage en partie à la suite du décès d’un jeune homme de 19 ans — écrasé sous une machine de divertissement de boxe — que la direction a choisi de mettre la clé sous la porte à Charlesbourg. 

«Pour le Maurice, nous n’avons pas eu de discussion, le local était occupé jusqu’à récemment. Mais là, c’est une autre option. Le prix du loyer est toutefois très élevé. C’est à réfléchir», note le patron, dont trois succursales offrent maintenant un service de nourriture, notamment celle de Montréal. Toutefois, il précise que ce nouveau concept de service alimentaire ne sera pas déployé à travers le réseau, car plusieurs locaux ne possèdent pas de cuisine. «Il faut quand même continuer d’innover pour demeurer compétitif dans le marché. On mise sur l’expérience pour la clientèle».

Expansion à Toronto

Pour l’expansion du côté de Toronto, le responsable indique être à la recherche de «l’endroit idéal», près d’un établissement scolaire. Il a d’ailleurs fait escale dans la Ville-Reine au mois de septembre afin de tâter le pouls du marché.

«Nous avons une personne intéressée pour une succursale. C’est majeur pour nous dans notre plan d’expansion. Nous magasinons pour avoir le bon local. Nous visons 2018», souligne M. Landry. «Nous aimerions notamment être à proximité de l’université francophone. [...] On veut voir comment la clientèle va réagir, on va s’ajuster et après on verra pour la suite. On pense que notre produit va très bien fonctionner, car il n’y en a pas», poursuit-il. L’institution dédiée aux Franco-Ontariens pourrait ouvrir ses portes d’ici 2020 dans le centre-ville.

À moyen terme, d’ici cinq ans, la direction de La P’tite Grenouille aimerait également voir son concept avec chansonniers débarquer au Nouveau-Brunswick.