Le président de Chantier Davie, James Davies, et la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité du Canada, Carla Qualtrough, ont visité le nouveau brise-glace NGCC Captain Molly Kool.

La ministre Qualtrough en visite à la Davie: «Message reçu!»

La ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité du Canada, Carla Qualtrough, a foulé la cour de Chantier Davie vendredi matin.

Elle y était en compagnie du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social et député de Québec, Jean-Yves Duclos, et de son collègue de Louis-Hébert, Joël Lightbound, pour baptiser le premier des trois brise-glaces convertis par Davie pour le compte de la Garde côtière. Il s’appellera le NGCC Captain Molly Kool en l’honneur de la première femme en Amérique du Nord à devenir capitaine d’un navire au long cours.

Les représentants du gouvernement fédéral ont aussi profité de l’occasion pour annoncer une «bonification» de 90 millions $ du contrat de 610 millions $ accordé en août dernier à Davie pour l’acquisition des trois brise-glaces norvégiens et pour la réalisation de travaux préliminaires sur le NGCC Captain Molly Kool afin de lui permettre d’effectuer des travaux de déglaçage dès les prochains jours dans le fleuve St-Laurent. La conversion des deux autres brise-glaces débutera dans les prochaines semaines et devrait permettre de donner du boulot à 200 personnes.

La présence de la ministre Qualtrough constituait un beau cadeau avant Noël pour la direction de Davie.

En effet, c’était la première fois qu’un titulaire du ministère des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité se pointait au chantier de Lévis depuis sa relance en 2012. Ce ministère est responsable des achats pour le gouvernement fédéral, notamment pour la Garde côtière et la Marine royale.

Au cours des derniers mois, M. Qualtrough avait visité les chantiers «rivaux» de Davie, Irving Shipyards et Seaspan Victoria Shipyards.

La direction de Chantier Davie a évidemment profité de l’occasion pour passer ses messages et pour mentionner à la ministre Qualtrough qu’il restait un peu moins d’une centaine de travailleurs au chantier alors que l’on en dénombrait 1500 il n’y a pas si longtemps. «C’est une saignée épouvantable qui nous afflige», a résumé Frédérik Boisvert, le vice-président des affaires publiques de Davie.

Enfant pauvre

«Davie est un chantier maritime sous-utilisé», a fait valoir le président de la compagnie James Davies. «Nous représentons 50 % de la capacité de production nationale. Les Québécois représentent 23 % des contribuables canadiens. À ce jour, nous n’avons reçu que 2 % des sommes totales allouées dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale.»

De l’avis de James Davies, le chantier maritime pourrait rappeler au bercail rapidement les 1400 salariés qui ont été mis à pied depuis le mois d’octobre prochain si Ottawa lui accordait le feu vert pour la construction d’un deuxième navire-ravitailleur, l’Obelix.

«Notre plus grand succès, chez Davie, c’est l’Asterix qui était devenu un atout majeur en peu de temps pour la Marine royale. Or, le Canada a besoin d’un deuxième navire ravitailleur. Et son nom, c’est l’Obelix. Nous sommes prêts  à continuer de travailler avec le gouvernement sur ce projet qui pourrait démarrer en 2019», a poursuivi le président de Chantier Davie.

Frédérik Boisvert a souligné que Davie n’aurait besoin que de 12 mois pour retaper un vraquier en un navire ravitailleur, et ce, pour 50 millions $ de moins que l’Asterix (600 millions $).

Jusqu’en 2021, le carnet de commandes de Davie est mince comme une feuille de papier. Il y a donc peu d’espoir de retour au boulot pour les travailleurs mis à pied avant le début des travaux de réparation des douze frégates de la classe Halifax, un contrat de 7 milliards $ que Davie devra partager avec Irving Shipyards et Seaspan Victoria Shipyards.

Pas besoin de l’Obelix

«Moi, je suis ici aujourd’hui pour réaffirmer notre engagement avec Chantier Davie», a déclaré, en français, Mme Qualtrough au cours d’un point de presse. «Davie fait partie de la vision à long terme du gouvernement du Canada en ce qui concerne la construction navale au pays.»

Et Obelix ?

«En ce moment, la Marine royale canadienne nous dit qu’elle n’a pas besoin d’un deuxième navire ravitailleur. C’est la situation actuelle», a ajouté la ministre en assurant que la proposition de Davie avait été entendue. «Message reçu!»

Avec les brise-glaces, les frégates et la restauration du brise-glace NGCC Louis Saint-Laurent, «des actions concrètes en faveur de Davie ont été prises au cours des derniers mois», a plaidé le ministre Jean-Yves Duclos.

«Depuis trois ans, c’est 17 % de la valeur de tous les contrats de construction navale qui ont atterri dans la cour de Davie. Ça démontre que le chantier de Lévis est un partenaire super important et qu’il continuera de l’être dans les années à venir», a renchéri le député Joël Lightbound.

Par ailleurs, Frédérik Boisvert a tenu à préciser que la «bonification» de 90 millions $ du contrat de 610 millions $ pour les brise-glaces ne constituait pas un dépassement de coûts.

«La somme de 610 millions $ englobait essentiellement les coûts d’acquisition des trois bateaux. Les nouvelles sommes permettront de les convertir en fonction des exigences de la garde côtière», a expliqué M. Boisvert.

Le NGCC Captain Molly Kool mesure 93,7 mètres de longueur et 18 mètres de largeur. Il est classé comme brise-glace moyen et peut maintenir une vitesse de 3 nœuds dans des glaces jusqu'à 1 mètre d'épaisseur. Il a une puissance totale de 18 278 chevaux et est équipé de deux hélices et de deux gouvernails à l'arrière, offrant au navire une grande manœuvrabilité. Le navire a une vitesse de croisière de 12 nœuds et une vitesse maximale de 16 nœuds. Finalement, le NGCC Captain Molly Kool peut fonctionner en continu sans ravitaillement pendant environ 25 jours et compte 19 membres d'équipage.

Dans la cale sèche Champlain, les deux autres brise-glaces de la Garde côtière attendent leur tour. Ils feront l’objet de travaux de rénovation à compter de janvier 2019. Ils seront notamment repeints aux couleurs de la Garde côtière.