Le président-directeur général de Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon, était le premier conférencier de la nouvelle saison de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.

La ministre Joly ferme la porte aux médias écrits

Alors que plusieurs patrons d'entreprises de presse écrite réclament une aide financière pour soutenir leur industrie, la vision du gouvernement fédéral «pour un Canada créatif» ne prévoit aucune mesure pour épauler les médias écrits.
Mercredi, le président-directeur général de Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon, avait d'ailleurs réitéré ses demandes pour obtenir une aide financière auprès du gouvernement de Justin Trudeau. «Les gouvernements doivent reconnaître l'importance des médias écrits, à l'instar des autres éléments de la culture tels que le cinéma et les productions télévisuelles», avait-il lancé devant 250 personnes au Musée québécois de culture populaire, à Trois-Rivières.
Jeudi, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a vite fermé la porte à une possible contribution. 
«Nous n'avons pas l'intention de soutenir les modèles qui ne sont plus viables pour l'industrie», a-t-elle signalé durant son discours, présentant notamment l'accord entre Netflix et Ottawa.
L'absence d'un tel investissement a été déplorée par le porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD), Pierre Nantel.
Le directeur du quotidien Le Devoir et ancien président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Brian Myles, a déploré que l'«équité fiscale pour tous» ne soit pas sur la table pour l'instant.
«Il va falloir commencer à soutenir les nôtres, avant de penser à ouvrir les marchés tous azimuts aux géants étrangers. [...] Mélanie Joly nous avait dit au début de son exercice que tout était sur la table, mais on a très vite compris que l'équité fiscale pour tous n'était pas sur la table, et ça crée un profond malaise, pas seulement dans le secteur des médias, mais dans toute l'industrie culturelle», a commenté M. Myles.
Bien sûr, le directeur du Devoir en a surtout contre l'absence de mesure d'aide directe pour les médias écrits.
«Il faudra encore faire tout un travail de sensibilisation, car Mélanie Joly ne semble pas comprendre les défis auxquels est confrontée l'industrie des médias. [...] Il faut à notre avis élargir le fonds des périodiques, et s'assurer que les journaux, qui exploitent à la fois des versions imprimées, mais aussi des plateformes numériques, puissent y avoir accès. Or, ce que je vois dans la politique est un peu inquiétant, parce qu'on parle d'un accent sur l'information locale, communautaire et les périodiques. Les journaux traditionnels [...] ne semblent pas visés en ce moment dans la politique.»
Modèles d'affaires en révision
Au cours des derniers mois, plusieurs joueurs ont été contraints de revoir leur modèle d'affaires pour survivre dans un climat économique difficile. L'une des dernières victimes est Le Peuple Lévis qui a fermé ses portes au mois d'août après 80 ans à servir la population lévisienne. 
Afin de sauver l'industrie, une coalition de médias écrits, comprenant notamment des responsables du Groupe Capitales Médias et du Devoir, a été formée au cours des dernières années. Le regroupement a cogné à plusieurs reprises à la porte d'Ottawa pour obtenir une aide financière afin de traverser la crise. 
En 2014 et en 2017, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a également interpellé le provincial pour obtenir «un soutien d'urgence» pour les médias écrits.  Avec Jean-Michel Genois Gagnon