L'Inox a eu pignon sur la rue Saint-André dans le Vieux-Port pendant 20 ans avant de déménager sur la Grande Allée en 2009 (photo).

La microbrasserie L'Inox change de propriétaires

La doyenne des microbrasseries à Québec, L'Inox, est vendue et aura droit à une cure de rajeunissement dès cet automne. Mais les nouveaux propriétaires promettent déjà de conserver les six sortes de bière et les légendaires hot-dogs européens qui ont fait la renommée de cette institution ouverte il y a 27 ans.
<p>Marie Bouchard, Pierre Turgeon et André Jean lors de l'ouverture de L'Inox, en 1987 </p>
«L'Inox a été une pionnière des microbrasseries, on va garder ça», assure d'entrée de jeu Philippe Desrosiers au Soleil. La vente a été conclue récemment, a-t-il confirmé.
Celui qui a été copropriétaire du Maurice pendant 13 ans avant de quitter la boîte de nuit en février deviendra directeur général de L'Inox dès le 1er septembre. Il est associé dans l'aventure avec David Lassonde et Frédéric Desrosiers, copropriétaires du Snack-Bar Saint-Jean et de la Taverne Grande Allée. L'actuel brasseur de L'Inox, Jean Lampron, complète le groupe d'investisseurs.
Fondée en 1987 par Pierre Turgeon, André Jean et Roger Roy, L'Inox a eu pignon sur la rue Saint-André dans le Vieux-Port pendant 20 ans avant de déménager sur la Grande Allée en 2009. Les fondateurs de la microbrasserie sont alors devenus propriétaires de l'immeuble du 655, Grande Allée, qui avait auparavant abrité la crêperie Au Petit Coin Breton. Les  tenanciers qui passent le flambeau resteront propriétaires de l'édifice, a précisé Philippe Desrosiers mardi.
Histoire d'assurer la continuité, Jean Lampron fait partie de la nouvelle équipe d'investisseurs. Maître-brasseur à L'Inox pendant plusieurs années, il était parti pour démarrer la Microbrasserie de l'Île d'Orléans avant de revenir à L'Inox l'automne dernier en tant que copropriétaire.
Les classiques resteront
Les bières associées à L'Inox depuis toujours dont la blanche Trouble-fête, la rousse Trois de pique ou la blonde Transat continueront à y être brassées et servies. Et Jean Lampron promet de retravailler les bières et de concocter de nouvelles recettes houblonnées.
«C'est un beau défi. Il y a des petites choses à changer, des produits à remettre au goût du jour», a dit le brasseur, visiblement emballé par le projet. «C'est une belle gang», a poursuivi M. Lampron à propos des nouveaux propriétaires.
S'ils restent pour l'instant discrets sur les détails des changements qui seront apportés à l'ambiance de loft industriel de L'Inox, tant Philippe Desrosiers que Jean Lampron ne cachent pas que la place sera «rajeunie».
Changements à venir
Il est déjà question d'y instaurer un menu plus élaboré, de changer le décor et peut-être même le nom de l'établissement, qui pourrait toutefois conserver une référence à presque trois décennies d'existence de L'Inox.
«On ne veut pas renier la clientèle des 27 dernières années», a assuré M. Desrosiers en qualifiant son nouveau défi professionnel de «passionnant».
La concurrence pour «faire revivre» la Grande Allée
Celui qui sera le nouveau directeur général de L'Inox de la Grande Allée ne craint pas la concurrence de gros joueurs comme son voisin d'en face, Les 3 Brasseurs.
«On ne les voit pas comme des compétiteurs, mais comme des alliés», assure au Soleil Philippe Desrosiers qui prendra le 1er septembre avec un groupe de trois autres investisseurs la barre de L'Inox fondée en 1987.
«En avant, il y a 540 places. Nous, on va en avoir 120. On n'est pas dans le même créneau, ce ne sera pas la même cuisine», a illustré M. Desrosiers à propos des 3 Brasseurs, ouvert en juin après près de deux ans de travaux majeurs.
«Plus il y a de nouveaux commerces sur la Grande Allée, plus elle va revivre», poursuit M. Desrosiers qui connaît bien l'écosystème de la rue commerciale pour avoir été associé au Maurice Nightclub de 2001 jusqu'à l'hiver dernier.
Nouveau marché
Or, les choses ont changé et le public, incluant les jeunes, s'est découvert un intérêt pour la bouffe et la bière artisanale, dit-il.
Signe de l'engouement, le marché des «micros» a bien changé depuis l'ouverture de L'Inox, première microbrasserie de Québec en 1987.
Ces dernières années ont vu proliférer les établissements qui brassent leur propre bière, notamment dans le quartier Saint-Roch avec La Barberie et la Korrigane. En plus de sa première succursale à Lac-Beauport, Archibald s'est étendue sur l'autoroute Duplessis, La Voie Maltée a ouvert ses portes sur le boulevard Pierre-Bertrand, La Souche est aussi installée à Limoilou et le Corsaire, à Lévis, pour ne nommer que celles-là. On compte actuellement plus d'une centaine de microbrasseries dans la province.