La main-d'oeuvre de Sears est convoitée

«Vous ou l’un de vos proches êtes touchés par la fermeture des magasins Sears?»

Avec un taux de chômage dans la région de Québec de 4 %, les employeurs sont nombreux à vouloir mettre la main sur les cerveaux du géant jadis une icône commerce de détail. C’est notamment le cas de la compagnie Métro Supermarché Ferland qui ose une offensive en garantissant une entrevue à tous les employés touchés à la recherche d’un nouveau boulot.

Cela représente 430 travailleurs dans la grande région de Québec qui pourraient accepter l’invitation de l’épicier publié sur sa page Facebook. Sears Canada prévoit fermer ses quatre grands magasins après le temps des Fêtes, soit aux Galeries de la Capitale, à Fleur de Lys, à Laurier Québec et aux Galeries Chagnon. Au total, à travers le pays, ce sont 12 000 travailleurs qui perdront leur emploi.

Chez Métro Supermarché Ferland, qui compte deux points de vente dans la région, une quinzaine de postes sont à pourvoir, notamment comme commis d’épicerie, assistant-gérant à la boucherie, boulanger, caissier et boucher.

«La compétition est très féroce. On s’arrache les travailleurs. Je sais que d’autres employeurs du milieu de l’alimentation se sont présentés dans les magasins», indique Karyn Ferland, copropriétaire et directrice générale de l’entreprise. «En ce moment, lorsqu’on voit une personne avec de l’expérience et avec un beau curriculum vitæ, il ne faut même pas attendre une journée avant de la joindre et de passer une entrevue», poursuit-elle, ne cachant qu’il faut faire preuve d’imagination pour attirer l’attention des travailleurs. 

«Il faut être différent et mettre nos forces de l’avant. Aujourd’hui, c’est un peu l’inverse qu’à l’époque, c’est l’employeur qui doit se vanter», estime la femme d’affaires. Et pas question de dire non au bon candidat. Même si tous les postes étaient comblés, la responsable confie qu’elle ouvrirait un nouveau poste pour une perle rare. 

Dans d’autres domaines

Ce n’est pas la première fois qu’une compagnie de Québec souhaite profiter «d’une situation exceptionnelle» pour dénicher de nouveaux talents. Les jours suivant l’élection présidentielle aux États-Unis, en 2016, l’entreprise Crakmedia avait lancé une campagne de recrutement nommée Trumpophobic?, s’adressant aux citoyens amers par rapport à l’élection du 45e président. Elle invitait nos voisins du Sud à faire le saut de l’autre côté de la frontière et à se joindre à eux.

À l’inverse, depuis quelques années, plusieurs entreprises de la région, en raison du manque de main-d’œuvre, sont en mesure de relocaliser rapidement leurs employés remerciés. Par exemple, en septembre 2016, la compagnie Ressorts Liberté avait procédé à la mise à pied permanente de 42 employés de l’usine de Montmagny. Aussitôt l’annonce connue, le téléphone de la direction avait sonné. D’autres employeurs étaient intéressés.

«Je peux vous affirmer que je serai incapable de répondre à toutes les demandes», avait alors confié au Soleil Annie Beaumont, la directrice des ressources humaines.

Chez le Groupe Optel, qui a aboli en septembre dernier 105 postes, plus 35 % des travailleurs ont aujourd’hui déniché un nouveau boulot. «Nous avons aidé nos employés à être en contact avec d’autres entreprises dans un domaine qu’ils cherchaient», note la responsable des communications chez Optel, Érica Boisvert. «Le tiers des travailleurs sont toujours dans une démarche très active. Cela va très bien», poursuit-elle.