À l’usine de GM située à St. Catharines, en Ontario, l’entreprise a mis à pied environ les deux tiers des travailleurs en raison de la grève qui a cours aux États-Unis.

La grève chez GM se poursuit

NEW YORK — La grève de 49 000 employés des travailleurs unis de l’automobile (United Auto Workers) chez General Motors est entrée lundi dans sa deuxième semaine. Des progrès ont été signalés au cours des négociations, mais aucune résolution claire n’est en vue.

Les négociateurs se sont réunis pendant tout le week-end et les pourparlers ont repris lundi matin, alors que la grève entamait sa huitième journée.

Une personne informée des négociations a indiqué que les discussions portaient notamment sur les salaires et le partage des bénéfices, sur de nouveaux produits pour les usines que GM veut fermer, sur un moyen plus rapide pour les nouveaux employés d’atteindre l’échelon salarial le plus élevé et sur le recours à des travailleurs temporaires. La personne ne voulait pas être identifiée, car les détails de la négociation étaient confidentiels.

Les travailleurs ont débrayé tôt le 16 septembre, paralysant la production d’environ 30 installations de fabrication dans neuf États américains.

Déjà, la grève oblige GM à fermer deux usines canadiennes fabriquant des moteurs, des modèles de camionnette plus anciens et deux modèles d’automobiles. Si la grève se prolonge, le constructeur automobile devra probablement fermer d’autres usines au Mexique et au Canada, car des moteurs, des transmissions et d’autres composants sont fabriqués aux États-Unis. Les entreprises qui fournissent des pièces à GM devront également commencer à réduire leur production.

Les consommateurs commenceront cette semaine à voir moins de camions, de véhicules utilitaires sport (VUS) et d’automobiles sur les terrains des concessionnaires. Cox Automotive a indiqué que GM avait accumulé des stocks de véhicules, avant la grève, pour l’équivalent de 77 jours de ventes. Mais avant la grève, les réserves de gros VUS tels que le Chevrolet Tahoe étaient déjà inférieures à la moyenne de véhicules de l’industrie pour 61 jours.

Les travailleurs vont aussi commencer à ressentir de la pression. Ils ont reçu leur dernier chèque de paie GM la semaine dernière et devront commencer à vivre avec une indemnité de grève hebdomadaire de 250 $ à compter de cette semaine.

La rémunération au cœur des discussions

Le syndicat veut une part plus importante des profits de GM, qui ont cumulé plus de 30 milliards $US ces cinq dernières années. Mais la société prévoit une diminution des ventes d’automobiles dans le monde et veut aligner ses coûts de main-d’œuvre sur ceux des usines américaines des constructeurs étrangers.

Le salaire maximum des ouvriers de production est d’environ 30 $US l’heure, et le coût total de la main-d’œuvre, y compris les avantages sociaux, s’élève à environ 63 $US l’heure, contre 50 $US en moyenne dans les usines des constructeurs étrangers, principalement dans le sud des États-Unis.

Parmi les problèmes soulevés par les discussions figure la formule de partage des bénéfices, que le syndicat souhaite améliorer. À l’heure actuelle, les travailleurs touchent 1000 $US pour chaque milliard de dollars que l’entreprise gagne avant impôts en Amérique du Nord. Cette année, les travailleurs ont reçu des chèques de 10 750 $US, soit moins que les 11 500 $US de l’an dernier.

Les discussions sur les salaires représentent également un problème. La société cherche à modifier la rémunération afin qu’elle propose davantage de sommes forfaitaires liées aux gains, tandis que les travailleurs souhaitent des augmentations horaires qui resteront là si l’économie se met à se détériorer.

Les deux parties discutent également au sujet du recours à des travailleurs temporaires et aux moyens de les faire travailler à plein temps, ainsi qu’à une voie plus rapide pour amener les travailleurs nouvellement embauchés à l’échelon salarial le plus élevé de l’UAW.

GM a proposé des produits dans deux des quatre endroits où elle souhaite fermer ses usines. Il est proposé de créer une camionnette électrique pour l’usine de Detroit-Hamtramck et une usine de batteries dans la région de Lordstown, en Ohio, où elle ferme une usine d’assemblage de petites voitures. L’installation serait exploitée par une coentreprise et, bien qu’elle emploie des ouvriers de l’UAW, GM leur propose de travailler pour un salaire inférieur à celui payé par la société dans les usines d’assemblage.

Il s’agit de la première grève nationale du syndicat de l’UAW depuis 2007. Le syndicat avait alors fermé General Motors pendant deux jours.