L’usine SICO de Beauport vit ses derniers moments. La production a pris fin durant les dernières semaines et la plupart des employés encore présents réalisaient leur dernier quart, jeudi.

La fin d’une époque pour SICO à Beauport

L’usine SICO de Beauport vit ses derniers moments. La production a pris fin durant les dernières semaines et la plupart des employés encore présents réalisaient leur dernier quart, jeudi. Seuls quelques ouvriers complèteront les opérations de démantèlement dans les prochaines semaines.

«La fermeture suit son cours», a indiqué Ann Gingras, présidente du Conseil central de la CSN Québec-Chaudières-Appalaches. «Il y a eu un comité de reclassement mis sur pied, la majorité des employés sont déjà placés ailleurs, certains sont retournés aux études pour parfaire leurs connaissances», a-t-elle ajouté, mentionnant que la pénurie de main-d’oeuvre a favorisé le processus. 

La compagnie SICO a été fondée à Québec en 1937 par Roméo Fillion et Marcel Deslauriers, marquant ainsi le paysage manufacturier de la ville pendant plus de 80 ans. «C’est une fermeture qui fait toujours mal, c’est toujours triste de perdre un fleuron», a commenté Ann Gingras. 

Fermeture annoncée

Rappelons que le propriétaire de SICO, la compagnie américaine PPG, a annoncé en novembre dernier la fermeture de son usine de production de Beauport ainsi que de son centre de distribution de Longueuil, entraînant la perte de près de 150 emplois, dont 75 à Québec. 

Auparavant, le fabricant québécois de peinture avait appartenu au groupe hollandais AkzoNobel, de 2006 à 2013.

L’annonce de la fermeture avait fait des vagues dans le domaine politique, le premier ministre François Legault appelant les Québec à mots couverts à boycotter les produits SICO. 

L’usine de Beauport avait aussi vécu un important conflit de travail en 2015, marqué par une grève générale illimitée des employés syndiqués. 

Discrétion chez les employés

Les employés qui travaillaient encore, jeudi, ont préféré demeurer discrets sur cette dernière journée de travail lors du passage du Soleil à l’usine. 

Du côté de la direction, on nous a référé au service des communications de PPG, qui s’est borné à répéter, par courriel, que les décisions concernant l’usine de Beauport et le centre de distribution de Longueil, «bien que difficiles, sont nécessaires pour maintenir la compétitivité de l’entreprise.» SICO possède encore des installations administratives à Boucherville. L’ensemble des activités industrielles canadiennes de PPG se concentrent dorénavant en Ontario, au Manitoba et en Colombie-Britannique.