Les producteurs de maïs sucré de Neuville auront dorénavant des outils légaux pour empêcher que le nom de leurs productions soient utilisés à tort par d'autres.

La fin du faux blé d'Inde de Neuville

Fini le temps du faux blé d'Inde de Neuville. Le maïs sucré produit dans cette localité est en voie d'obtenir une Indication géographique protégée (IGP), ce qui donnera des outils légaux pour contrer l'usurpation du nom.
Le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) a lancé mardi un appel de soumissions pour créer un comité d'experts du secteur maraîcher qui aura pour mission d'analyser la demande.
Selon Gaétan Gaudreau, président de l'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville, l'obtention d'une IGP permettra de mieux contrôler l'utilisation du nom. «Là, on le voit partout où il ne se vend pas», dit-il.
«Les gens se font leurrer» en croyant à tort acheter ce maïs, commente pour sa part Isabelle Béland, également membre de l'Association. Elle dit voir dans l'IGP une forme de protection pour le travail de la douzaine de producteurs de maïs sucré de la localité située dans la région de Portneuf. Un commerçant qui afficherait faussement cette origine serait susceptible d'écoper d'une amende.
Selon elle, le type de sol, la proximité du fleuve et le climat propre au lieu contribuent à créer un produit particulier, ce qui justifie pleinement une telle reconnaissance. Elle remarque que cette réputation est déjà établie dans la population. «Quand on dit qu'on vient de Neuville, les gens disent "Ah oui, le maïs".»
Pour les consommateurs, le label signifiera que le producteur s'est conformé à une série d'exigences sur le choix des hybrides, l'entretien des cultures, l'absence d'organismes génétiquement modifiés (OGM), etc. souligne également Gaétan Gaudreau.
Le producteur souligne le précieux travail d'accompagnement du ministère de l'Agriculture pour faire cheminer le dossier dans le dédale des exigences réglementaires.
Au CARTV, la directrice générale Anne-Marie Granger-Godbout indique que des visites seront faites sur le terrain durant la prochaine saison de culture, et qu'il est tout à fait possible que l'IGP soit accordée au maïs sucré de Neuville pour la saison 2015.
Autres appellations à venir
Créé en 2006, le CARTV est l'organisme désigné par le gouvernement pour accorder et contrôler les diverses appellations contrôlées. C'est aussi lui qui accrédite les certificateurs.
À ce jour, seuls le mode de production biologique et l'IGP Agneau de Charlevoix ont été accrédités. D'autres processus d'appellations sont en cours d'élaboration. Une demande d'IGP est amorcée pour le cidre de glace du Québec. Les consultations publiques se sont déroulées l'été dernier et une zone géographique de production a été définie.
Les producteurs de fromage de vache de race canadienne ont pour leur part déposé une demande d'appellation de spécificité (AS) pour laquelle les audiences publiques se sont déroulées à l'automne.
D'autres demandes sont aussi en cheminement pour la volaille de race patrimoniale Chanteclerc et pour le vin de glace du Québec.
Selon Anne-Marie Granger-Godbout, les dossiers du fromage, du cidre de glace et du vin de glace pourraient aboutir en 2014.