Le Groupe Nourcy, qui a misé son avenir sur le Village Vacances Valcartier, n’est plus. La dernière division de l’entrepreneur Michel Bellavance a déclaré faillite la semaine dernière.

La fin de l'aventure du Groupe Nourcy

Le Groupe Nourcy, qui a misé son avenir sur le Village Vacances Valcartier, n’est plus. La dernière division de l’entrepreneur Michel Bellavance a déclaré faillite la semaine dernière.

«J’ai commis des erreurs, malheureusement. J’ai appris. La seule personne que je peux blâmer, c’est moi», indique au Soleil l’homme d’affaires, visiblement ébranlé par la situation. «Il y a des éléments que je n’ai pas été en mesure de contrôler pour différentes raisons. [...] J’ai fait perdre de l’argent à des gens et j’en suis conscient», poursuit celui qui était demeuré jusqu’à présent très avare de commentaires dans ce dossier.

La récente faillite de sa branche «Services de restauration Nourcy» a entraîné une centaine de licenciements. Certains employés pourraient toutefois être réembauchés par la future organisation responsable du service alimentaire du Village Vacances Valcartier.

En période de fort achalandage, soit l’été et l’hiver, ce sont environ 350 paires de bras qui travaillaient pour cette division du défunt Groupe Nourcy.

Selon des documents de la Cour supérieure en matière de faillite et d’insolvabilité, la compagnie de restauration de Québec devait le printemps dernier 2,2 millions $ à ses créanciers.
Dans son plan de restructuration, la direction a fermé au cours des derniers mois ses divisions «Le Commissariat» ainsi que le «Nourcy Comptoir & Traiteur».

Cette dernière possédait des points de vente à l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec, au Centre Vidéotron, au Complexe Santé Taniata et chez Desharnais pneus et mécanique.

M. Bellavance avait alors choisi de placer toutes ses billes dans son entreprise «Services de restauration Nourcy» pour retrouver sa santé financière et sauver le plus d’emplois possible. Le pari n’aura toutefois pas été concluant.

Services de Restauration Nourcy aura fermé ses livres avec une dette de 477 898 $ auprès d’une quarantaine de créanciers.

Dans un rapport publié cet été par le syndic responsable du dossier, Raymond Chabot, on pouvait lire que la compagnie responsable du service de restauration aux Village Vacances Valcartier n’avait pas été en mesure d’atteindre la rentabilité au cours de ses onze premiers mois d’exploitation en raison «de la période de rodage et d’une météo capricieuse». La direction espérait toutefois faire assez de profits durant la période estivale pour se sortir la tête de l’eau. Elle était aussi à la recherche d’investisseurs.

«Je me suis battu jusqu’à la fin pour les emplois. Je n’ai jamais été malhonnête. J’ai investi beaucoup d’argent dans mes entreprises», indique M. Bellavance. «Je vais sortir grandi de cette expérience. Je vais un jour repartir et avoir du succès, mais pour le moment, j’ai besoin de repos», ajoute-t-il.

Le 8 novembre dernier, M. Bellavance a déposé un avis d’intention de faire une proposition à ses créanciers pour sa compagnie Gestion Michel Bellavance, qui chapeautait en quelque sorte les autres divisions du groupe. Le montant des sommes dues s’élève à 3,8 millions $, dont 2,3 millions $ à l’Agence du Revenu du Québec.

«La majorité de ces dettes sont des cautionnements ou des engagements pour des entités de Nourcy», indique l’avocat de l’homme d’affaires, Éric Blouin, de Blouin Cabinet d’avocats. «Notre proposition pour les créanciers est de 47 000 $», poursuit-il.

Au cours des derniers mois, des dizaines de travailleurs de Nourcy avaient déploré dans les médias le fait qu’ils n’avaient pas été rémunérés pour leurs dernières semaines de travail et qu’ils n’avaient pas reçu d’indemnités salariales. Des plaintes avaient été déposées à la CNESST.

La direction du Village Vacances Valcartier n’a pas répondu à la demande d’entrevue du Soleil. Selon nos informations, le Groupe Je Reçois pourrait prendre la relève pour le service de la restauration. L’entreprise a notamment déposé une demande pour l’obtention d’un permis d’alcool.