Justin Trudeau annoncera la nomination de son nouveau cabinet, mercredi. Chrystia Freeland pourrait être remplacée à la tête des Affaires étrangères et pourrait se voir attribuer un nouveau portefeuille national - peut-être même le titre de vice-première ministre.

La faible croissance économique nuit à la politique étrangère, selon des experts

OTTAWA — Les experts affirment que la faible croissance économique et la faible compétitivité du Canada minent ses intérêts mondiaux, selon des experts, tandis que doit émerger l'après «voie ensoleillée» de la politique étrangère du gouvernement Trudeau, mercredi, avec l'annonce de la nomination du nouveau cabinet.

Les principaux éléments du casse-tête qui sont appelés à changer incluent le remplacement de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui pourrait se voir attribuer un nouveau portefeuille national - peut-être même le titre de vice-première ministre - et le fait que le ministre du Commerce international, Jim Carr, lutte contre une forme de cancer du sang, ce qui devrait le tenir à l'écart d'un emploi du temps chargé.

Bien que la gestion des relations du Canada avec les États-Unis et la Chine demeure une priorité absolue, la faible croissance de l'économie canadienne affaiblit son statut sur la scène mondiale, a déclaré l'économiste en chef de la Chambre de commerce du Canada Trevin Stratton.

Le classement international du Canada, selon une série de sondages mondiaux, a continué de chuter au cours des derniers mois, y compris pendant la campagne électorale fédérale, a-t-il souligné.

Cela inclut notamment un recul au classement de la productivité des pays du G20, établi par le Forum économique mondial, qui a vu le Canada passer de la 12e à la 14e place au sein des 20 grandes économies développées.

Trevin Stratton estime qu'il est également significatif de constater que le Canada soit tombé au 23e rang du classement des États qui «facilitent de faire des affaires» d'après la Banque mondiale. Le Canada aurait aussi chuté dans un autre indice mesurant l'influence d'une trentaine de pays.

«Il est important de garder à l'esprit que lorsqu'il s'agit de notre place et de notre réputation dans le monde, cela concerne également notre économie et notre compétitivité. Parce que si notre économie est saine, elle envoie le message que des opportunités sont disponibles ici», a décrit M. Stratton.

«L'idée que l'influence et la compétitivité ne soient pas liées, je n'y crois pas.»

Dans un discours prononcé mardi, la première sous-gouverneure de la Banque du Canada a fait une sombre prévision sur la situation économique mondiale. Carolyn Wilkins a déclaré que la situation mondiale s'était détériorée, ce qui accroît le risque que cela se propage au Canada.

Cyndee Todgham Cherniak, une avocate en commerce international établie à Toronto, affirme que le gouvernement devrait donner plus d'argent à Affaires mondiales Canada pour que le ministère aide les petites et moyennes entreprises canadiennes à étendre leur présence dans les pays étrangers. Elle ajoute que les entrepreneurs manquent d'informations importantes sur la manière de s'en sortir avec les contrôles à l'exportation et les sanctions économiques.

«Cela contribuerait grandement à notre compétitivité», a-t-elle déclaré.

«Il y a tellement de choses que les entreprises canadiennes ne vendent pas à l'étranger par crainte de déroger aux lois canadiennes. Le manque d'information sur l'interprétation de la loi freine l'exportation de certains de nos produits de haute technologie», mentionne-t-elle.

Nouveaux marchés d'exportation

Le successeur de Jim Carr devra poursuivre ses efforts pour dénicher de nouveaux marchés d'exportation. Ces démarches visent à compenser la décision de la Chine de bloquer l'accès à certains produits agricoles à la suite du différend politique qui a éclaté avec l'arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, en vertu d'un mandat d'extradition américain concernant des accusations de fraude.

La Chine a réagi en arrêtant deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, sur des allégations d'espionnage dans ce qui est largement considéré comme des représailles. La Chine a récemment levé l'interdiction sur les importations de porc et de bœuf canadiens. Toutefois, elle bloque toujours les importations de canola.

Sarah Goldfeder, une consultante établie à Ottawa ayant déjà conseillé deux ambassadeurs américains, croit qu'il faudra des années pour rebâtir les liens entre le Canada et la Chine et que ce sont les Chinois qui vont dicter le rythme. En attendant, le Canada doit s'efforcer d'accroître ses exportations vers d'autres pays d'Asie, comme la Corée du Sud et le Japon.