Sur le parquet de la Bourse de Toronto, l’action du constructeur d’avions et de trains abandonnait 6,3 pour cent, ou 37 cents, pour se négocier à 1,90 $.

La division ferroviaire de Bombardier continue à lui donner des maux de tête

MONTRÉAL — Bombardier continue à avoir des maux de tête en raison de problèmes persistants au sein de sa division ferroviaire, qui l’obligera à dépenser jusqu’à 300 millions $ US supplémentaires d’ici la fin de l’année.

Cet écueil, combiné à une autre révision à la baisse des prévisions financières pour l’exercice et au dévoilement de résultats trimestriels qui n’ont pas répondu aux attentes des analystes, a fait piquer du nez le titre de la société.

Sur le parquet de la Bourse de Toronto, l’action du constructeur d’avions et de trains abandonnait 6,3 pour cent, ou 37 cents, pour se négocier à 1,90 $.

«Nous sommes confiants de bien comprendre quels sont les problèmes et ce qu’il faut faire pour les régler», a expliqué le président et chef de l’entreprise, Alain Bellemare, jeudi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre.

À son avis, la situation chez Bombardier Transport n’a rien à voir avec le redressement effectué du côté de la division aéronautique, où la compagnie a complété son retrait de l’aviation commerciale en annonçant, le mois dernier, la vente de son programme déficitaire d’avions régionaux CRJ, à Mitsubishi.

Néanmoins, cela n’a pas été suffisant pour convaincre les analystes, qui ont talonné M. Bellemare et le chef de la direction financière John Di Bert sur le sujet pendant plusieurs dizaines de minutes.

Alors que la direction de l’entreprise a déjà tempéré ses objectifs pour 2020, un analyste s’est même demandé si le plan de redressement de M. Bellemare n’allait pas se transporter en «période de prolongation».

Le carnet de commandes de Bombardier Transport est de 33,6 milliards $ et l’entreprise est confrontée à des difficultés pour cinq contrats d’envergure. Les problèmes sont plus importants du côté de trois ententes en Suisse, en Allemagne ainsi qu’au Royaume-Uni.

En mai, l’entreprise avait déjà signalé que le chiffre d’affaires de Bombardier Transport serait plombé d’environ 750 millions $ US.

M. Bellemare a expliqué que dans plusieurs cas, des centaines de voitures de train avaient déjà été construites, mais que des investissements supplémentaires étaient nécessaires pour accélérer les livraisons, notamment en ce qui a trait aux logiciels.

«C’est pour cela que nous avons ajouté des ressources en ingénierie, a-t-il dit. C’est souvent le plus important défi à surmonter.»

Avec des dépenses supplémentaires, Bombardier estime maintenant qu’elle terminera l’exercice avec 500 millions $ US de moins en liquidités, alors que sa prévision initiale anticipait une fourchette pouvant aller jusqu’à un surplus de 250 millions $ US.

Inviter à commenter la situation chez Bombardier Transport, la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui détient 30 pour cent de cette division, n’a pas voulu se prononcer.

«Plus tôt cette année, Bombardier a nommé Danny Di Perna à la tête de la division transport, a rappelé l’analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, dans une note. Il n’est donc pas trop surprenant qu’à la suite de son examen approfondi des activités, (...) un investissement additionnel soit nécessaire.»

Dans le rouge

En ce qui a trait au deuxième trimestre le 30 juin, la société a affiché une perte nette de 36 millions $ US, ou quatre cents US par action, comparativement à un profit net de 70 millions $ US, ou deux cents US par action, il y a un an.

En excluant les éléments non récurrents, la perte ajustée de Bombardier s’est chiffrée à 47 millions $ US, ou quatre cents US par action, par rapport à un profit ajusté de 87 millions $ US, ou trois cents US par action, au deuxième trimestre l’an dernier.

Ses revenus totaux ont toutefois légèrement augmenté de 1,2 pour cent, s’établissant à 4,31 milliards $ US. La croissance des recettes internes, qui ne tient pas compte des ventes d’actifs, a été de neuf pour cent au deuxième trimestre.

Les analystes s’attendaient à un chiffre d’affaires d’environ 4,1 milliards $ US ainsi qu’à une perte ajustée par action de deux cents US, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Pour l’exercice, le bénéfice d’exploitation ajusté de Bombardier devrait osciller entre 1,2 milliard $ US et 1,3 milliard $ US, alors que la fourchette précédente prévoyait un résultat variant entre 1,5 milliard $ US et 1,65 milliard $ US.