En annonçant la réduction de 20 % des taux de plusieurs crédits d'impôt, l'abolition ou la suspension de certaines mesures fiscales annoncées depuis septembre 2012 et l'imposition de limitations à certaines mesures fiscales visant la capitalisation des entreprises, le ministre des Finances Carlos Leitao entend économiser 348 millions $.

La dette brute du Québec fracassera les 200 milliards $

Jeudi matin, les Québécois se retrouvent avec une dette brute de 198 milliards $ sur les bras. Ils ne doivent pas s'attendre à un répit dans les prochains mois. Elle grimpera de 8,7 milliards $ pour afficher 206 milliards $ au 31 mars 2015.
Les investissements en immobilisation (5,3 milliards $) et le déficit budgétaire (2,3 milliards $) sont les principaux facteurs de croissance de la dette brute qui, rappelons-le, représente l'ensemble des emprunts effectués par l'État sur les marchés et des passifs nets au titre des régimes de retraite et des avantages sociaux futurs des employés du secteur public.
En se référant aux documents du ministère des Finances, on apprend que c'est à compter de l'année prochaine, en 2015-2016, que le ratio de la dette brute par rapport au PIB «devrait graduellement diminuer» pour s'établir à 50 % au 31 mars 2019. À cette date, la dette brute de la Belle Province devrait atteindre 217 milliards $.
Au 31 mars dernier, les résultats préliminaires montraient que la dette brute équivalait à 54,3 % du PIB. Au 31 mars 2015, elle devrait s'établir à 54,9 % du produit intérieur brut du Québec.
La détérioration des finances publiques depuis la récession de 2009 s'est traduite par des déficits budgétaires à répétition à Québec. Et les déficits budgétaires ont produit des effets néfastes sur le taux d'endettement qui est le plus élevé au Canada. En Ontario, par exemple, le ratio de la dette brute par rapport au PIB s'élève à 44 %.
Pour 2013-2014, le déficit anticipé par le ministère des Finances est estimé à 3,1 milliards $. Dans sa boule de cristal, le ministre Carlos Leitao prévoit un déficit de 2,3 milliards $ pour 2014-2015.
«Le retour à l'équilibre budgétaire est prévu pour 2015-2016», a-t-il martelé mercredi. Cet équilibre sera atteint, entre autres, en limitant la croissance des dépenses à 1,9 % - excluant le service de la dette - cette année alors que celle des revenus devrait s'établir à 2,9 %.
Le contrôle serré des dépenses se poursuivra en 2015-2016 (1,3 %) et en 2016-2017 (1,7 %), a assuré le ministre Leitao.
Payer ses dettes
Une dette, ça se paye.
En 2013-2014 , le gouvernement du Québec a consacré 10,6 milliards $ au service de la dette, soit plus de 11 % de ses dépenses. Ce montant, fait-on remarquer, est plus élevé que les dépenses du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (10,4 milliards $) et plus que le soutien direct offert par l'État aux personnes et aux familles (allocations familiales, aide de dernier recours et aide financière aux études.)
Cette année, Québec sortira 8,5 milliards $ de son budget de 74,2 milliards $ pour payer ses créanciers.
À la suite du retour à l'équilibre budgétaire, la moitié des surplus budgétaires de l'État sera allouée à la réduction de la dette par des versements supplémentaires au Fonds des générations, a promis Carlos Leitao. L'autre moitié sera affectée à la réduction des impôts.
En ce qui a trait au retour à l'équilibre budgétaire en 2015-2016, les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) préfèrent attendre à l'an prochain pour juger la performance du gouvernement, plutôt que de croire le ministre Leitao sur parole.
«Le glissement des dépenses constaté au cours des dernières années, les multiples besoins du Québec en éducation, en santé ou en infrastructures, l'impact des changements démographiques et l'intensité de la concurrence internationale sur notre économie sont autant de facteurs combinés qui nous incitent à la prudence», a indiqué la directrice des affaires publiques et des relations gouvernementales des MEQ, Audrey Azoulay.