Méganne Perry Mélançon croit que le faible potentiel pétrolier en Gaspésie ne vaut pas les risques que cette filière peut faire courir à l'environnement.

La députée de Gaspé dit non à Cuda Pétrole

La députée de Gaspé à l’Assemblée nationale, la péquiste Méganne Perry Mélançon, s’oppose au projet d’exploitation d’hydrocarbures de la firme Cuba Pétrole et gaz au gisement Galt, à 20 kilomètres de Gaspé. La députée réclame même la suspension de la consultation amorcée le 2 janvier par l’État québécois et l’arrêt pur et simple du projet.

Méganne Perry Mélançon croit que les risques associés à l’initiative de Cuda sont trop élevés comparativement aux bénéfices que pourraient en tirer Gaspé. Ces risques touchent le secteur touristique, notamment la pêche au saumon sur la rivière York, située tout près, et la faune en général dans les parages de l’emplacement Galt. Mais il y a plus.

«On est rendus ailleurs au Québec et surtout en Gaspésie, où l’industrie touristique génère d’importantes retombées (…) La conscience environnementale a changé et on connaît le faible potentiel économique du pétrole en Gaspésie», signale la députée de Gaspé.

Elle a rencontré la direction de Cuda pour réaliser que même si la firme s’est engagée à ne pas faire de fracturation hydraulique à Galt lors de la phase initiale du projet, des forages horizontaux suivraient des forages verticaux, et de la fracturation n’est pas exclue dans la seconde phase de l’initiative.

Danger pour la York

«Avec un forage horizontal, on toucherait une zone située sous la rivière York. Il y a du danger avec les forages horizontaux. Considérant que la York est l’une des rivières les plus saines, et considérant l’impact économique de la pêche au saumon (…) c’est clair qu’il faut s’opposer au projet», dit-elle.

Dans son énoncé de projet d’exploitation, Cuda prévoit forer 30 puits à Galt et exploiter une zone de 20 kilomètres carrés entre 2020 et 2060 pour en tirer un total de 15 millions de barils de pétrole.

Mme Perry Mélançon se demande pourquoi Junex, l’entreprise ayant mené la phase d’exploration à Galt avant d’être acquise par Cuda, a essentiellement parlé d’un potentiel exploitable de 8 millions de barils.

«Est-ce parce qu’on a tenté de gonfler (les chiffres) pour obtenir un permis d’exploitation?» glisse-t-elle, à propos des 15 millions de barils de Cuda.

La députée opine que la Gaspésie gagnera bien davantage en développant «sa belle filière éolienne, incluant le Techno-centre éolien, la biomasse forestière et l’énergie solaire».

Ouvrir la porte à d’autres

Méganne Perry Mélançon craint en outre que si on ouvre la porte à l’exploitation à Cuda pour Galt, on accueille d’autres projets pétroliers, «qui, eux, n’excluront pas la fracturation».

Elle croit que l’acceptabilité sociale n’est plus au rendez-vous «particulièrement (pour) les générations qui auront à vivre avec ces dangers». C’est pourquoi elle demande notamment l’arrêt de l’évaluation entreprise par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

Elle dit que le gouvernement actuel doit sortir le pétrole de la Gaspésie, comme le gouvernement précédent l’a fait pour l’île d’Anticosti. «Pourquoi le territoire de Gaspé devrait être le premier à accepter un développement pétrolier? Ce sont des situations comparables».

La députée assure qu’il faut songer à l’instauration d’un moratoire pétrolier en Gaspésie. «Le gouvernement a le pouvoir de le faire. S’il faut indemniser (les compagnies qui y ont engagé des fonds), on le fera».

Méganne Perry Mélançon invite les gens à signer un formulaire de sa page Facebook afin d’exprimer leur opposition au projet Galt.