CTMA Vacancier

La CTMA veut un appel d'offres

GASPÉ — La CTMA tient à un appel d’offres international pour la construction du navire qui remplacera son traversier «CTMA Vacancier». La coopérative des Îles-de-la-Madeleine s’attend à ce que l’obligation de contenu québécois fasse grimper la facture, mais s’y plie de bonne grâce.

«Pour suivre notre cadre financier et respecter les délais, il fallait aller en appel d’offres. Ceci dit, le gouvernement du Québec, qui paie une partie, a décidé de demander un contenu québécois de 30 %», rapporte Emmanuel Aucoin, directeur général de la CTMA. Il croit que «ce sera un peu plus cher» avec cette contrainte.

Le chantier Davie de Lévis et ses fournisseurs exigent davantage de contenu québécois.

Le 20 août, la CTMA a envoyé les plans généraux du navire à 26 chantiers partout dans le monde, notamment en Europe et en Chine. Davie est le seul Québécois de la liste. 

La CTMA a demandé à une firme d’identifier les manufacturiers québécois capables de participer à la construction. «Le 30 % est un minimum», dit M. Aucoin. «S’il y a plus de retombées économiques au Québec pour un montant similaire, une fois la CTMA rassurée sur la capacité de livrer [du chantier], ce sera un avantage […]. Notre priorité est de livrer un bateau fiable, sécuritaire, qui va durer 40 ans.»

Une fois les soumissions reçues, la CTMA préparera les plans détaillés qu’elle enverra fin 2018 aux quelques chantiers sélectionnés. Le gagnant sera désigné à l’été 2019 et livrera le navire fin 2022.

Le nouveau navire succédera au CTMA Vacancier, âgé de 45 ans, qui offre la croisière les Îles-­Montréal de juin à septembre. Il remplacera aussi le CTMA Voyageur, âgé de 46 ans, qui transporte du cargo entre Matane et l’archipel après la saison touristique.

Remplacer deux navires par un seul fera économiser, indique M. Aucoin : «L’entretien, la réparation, le chauffage de deux navires, c’est coûteux.»

Le Vacancier et le Voyageur charrient ensemble 30 000 tonnes de cargo par an. Le Vacancier transporte 5000 passagers aller-retour annuellement. 

Le coût du nouveau navire tournera autour de 200 M$, dit M. Aucoin. Des banques prêteront 110 M$. Québec et la CTMA partageront le reste de la facture dans une proportion que M. Aucoin refuse de préciser. «Le montage financier n’est pas final. On va s’ajuster.»

Le nouveau navire aura les mêmes proportions que l’actuel CTMA Vacancier, soit 126 mètres de long par 22 mètres de large. Le pont des véhicules pourra loger 32 à 34 remorques plutôt que 28. La capacité en passagers demeurera de 350, mais les cabines seront plus spacieuses, et les fenêtres et les ponts ouverts, plus nombreux. La CTMA veut ainsi offrir sept croisières en mai et en octobre, en plus des 15 actuelles, et des croisières spéciales l’hiver.

Le Conseil des ministres a adopté un décret le 12 septembre autorisant la Société des traversiers du Québec (STQ) à signer un contrat de gré à gré avec Navigation Madeleine, une filiale de la CTMA, pour la desserte maritime des Îles. «Le décret vient donner de la crédibilité au projet en assurant un contrat de 20 ans. Ça diminue le risque du prêt et les coûts d’intérêt», explique M. Aucoin.

La STQ comble le déficit d’opération actuel du service, qui est d’environ 15 millions $ par an.